dimanche 31 mai 2026

Vamos Roland-Garros





Alors que le Festival de Cannes a terminé sa plongée dans son Cinéma à l’aide de ses palmes, Roland-Garros ouvre grand son Arène de tennis pour sa quinzaine annuelle. 
Le début du tournoi sonne l’envie de sorties, de profiter des jours à présent établis et pour lesquels Paris offre sa garde robe d’été : les terrasses font le plein tandis que les quais de Seine branchent leurs guitares qui s’apprêtent à inonder le fleuve de vagues musicales et de festivités dansantes.
Côté Porte d’Auteuil, les balles jaunes donnent le la, et la rumeur des courts traverse le périph’. Pour les fans de tennis, c’est un immanquable moment, pour lequel il faut savoir lober les révisions du Bac ou faire le break au bureau en accord avec l’arbitre… 
Au delà de ce sport que l’on apprécie ou pas, le tournoi de Roland Garros est un incubateur d’intensité émotionnelle et de beauté visuelle. Sur le court comme au sein du public, des palette d’émotions se succèdent sur les visages filmées par les caméras planqués dans la fosse, derrière la ligne d’arbitres. Dans les tribunes envahies de casquettes, éventails et panamas blancs, la joie et la déception, côtoient la rage autant que l’admiration. Avec une synchronisation pleine ligne,  les visages des spectateurs évitent les "cous droits" en imitant les essuie-glaces pour ne perdre aucun échange du combat qui se livre, sur une terre plus que battue. 
Depuis la terrasse de France Télévision qui fait rêver les téléspectateurs coincés dans leurs salon ou scotchés sur leur téléphone dans un métro bondé, les  consultants déroulent leurs pronostics qui sont parfois "dehors" et dont l’impartialité flirte avec la ligne de fond de court. Dans leurs cabines en surchauffe le duo de commentateurs passionnés, au travers d’un échange croisé, décortiquent autant les points techniques que l’attitude des joueurs : l’impassibilité et l’émotivité enchainent des points gagnants sous l’oeil éloigné d’un Philippe Chatrier ensoleillé. 
Les ombres des athlètes sur la terre couleur ocre, inspirent les caméras qui s’en donnent à coeur joie. Entre les cris des joueurs et le public en liesse qui entame la Holà, Lacoste, Perrier et BNP Paribas restent attentifs aux jeux depuis des décennies. L’arbitre de chaise donne l’avantage au silence pour balayer d’un revers, les manifestations bruyantes. Les juges de lignes frustrés de ne pas s’exprimer, mettent toute leur vocalise pour signifier une faute, lors des balles de service.
Les ramasseurs s’agitent comme une bande de fourmis, pour alimenter les joueurs en munitions de balles jaunes. 
Vêtus de tenues parfois surprenantes, les joueurs se livrent à des chorégraphies musclées, jetant souvent des regards appuyés vers leurs clans en apnée. 
Les duels au filet époustouflent, les passing impressionnent, les glissades sur la terre invitent au ralenti, sous l’oeil averti des photographes qui n’en perdent pas une volée.
Quand la fin du combat semble se profiler mais que l’adversaire s’accroche et sauve des balles de match, le public alors ne peut que s’enflammer. Face aux deux joueurs bourrés d’adrénaline et qui rêvent d’une victoire, le stade retient son souffle. Les uns ovationnent l’amortie libératrice, tandis que les autres ont le visage crispé sur ce dernier point perdu dans un filet trop bas. Le gagnant exténué, s’offre un bain de terre battue avant la poignée de main finale.  
Après son plein d’émotions, Roland-Garros se vide le temps d’une soirée, histoire de se refaire une beauté avant la prochaine journée.
Ainsi va la folie de cette quinzaine de fête, celle des émotions en 5 sets, "pour la beauté du geste"...
Vamos Roland-Garros !

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