Affichage des articles dont le libellé est ça m'énerve. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est ça m'énerve. Afficher tous les articles

dimanche 2 mars 2025

Les "bails" relous #2 : le mec qui prend son temps à la caisse



J’aime à croire que l’agacement que je m’apprête à décrire et qui traduit une carence évidente en capital patience, ne touche pas uniquement les femmes sujettes à la (pré)ménopause dont j’ai la joie d’avoir rejoint le clan.  Cette situation se produit forcément le jour où l’on n’a vraiment pas le temps pour ces conneries, parce qu'elle risque de nous mettre en retard sur notre programme à suivre.

Je viens de finir mon plein de courses hebdomadaires dans ce supermarché plein à craquer du samedi et je fais donc la queue devant une des caisses depuis déjà une bonne dizaine de minutes, en espérant ne pas être en retard pour mon rendez-vous booké chez l'esthéticienne depuis des mois. Il ne reste plus qu’une personne devant moi, un homme d’une quarantaine d’années. Son caddie est bien rempli et je me fais la réflexion qu’un homme qui fait les courses, ce n’est pas encore très fréquent. Je suis donc plutôt admirative parce que lorsque que j’étais en couple, la question ne se posait même pas, c’était toujours moi qui m’y collais. 

Et puis le doute s’installe quand il commence à sortir un à un les produits pour les poser sur le tapis roulant de la caisse. Moi perso, je suis plutôt du genre pelleteuse, limite si je pouvais faire basculer le caddie directement sur le tapis, ça m’arrangerait. Alors que lui, non seulement il prend son temps pour les extraire un a un de son chariot mais en plus il les trie : le liquide avec le liquide, les produits d’entretiens ensemble etc… Là tu commences à te dire que ça va être long, très long. Tu as affaire à un psychorigide qui en plus, fait en sorte que les articles soient tous bien alignés les uns avec les autres. Et puis comme si ça ne suffisait pas : 

"Monsieur, vous avez oublié de peser les navets. 

- Ah bon, ça se pèse les navets ?"  

Dis, au lieu de discuter, décide-toi, tu les prends ou pas ? Lancent mes yeux Kalachnikov, ce qui ne sert strictement à rien car le personnage ignore totalement les clients derrière,  sauf quand il poursuit par une blague relou : 

"Quel navet je suis". 

A cet instant précis, pour mesurer son potentiel comique, il observe son auditoire pris en otage, en l’occurence la file qui patiente. Je suis face à lui, la bouche ouverte, je pense à une caméra cachée. Lui part peser tranquillement ses pu…de navets et revient tout aussi calmement 2 ou 3 minutes plus tard. 

Bien sûr pour ranger ses courses une fois scannées par l'hôtesse de caisse, c’est le même scénario : il les saisit un par un délicatement pour les mettre dans des sacs à contenu homogène : les fruits avec les fruits, le salé avec le salé. Ah merde il a fait une erreur, il a mis son pain de mie avec les articles d’hygiène. Je le regarde littéralement fascinée comme Thierry Lhermitte dans "Le Dîner de cons" : j’ai mon champion. II est seul au monde, vit dans la dimension du ralenti.  Il s’apprête à payer donc on est en droit de se dire qu’on approche de la fin du calvaire. Non, il cherche dans ses poches en flirtant*avec la caissière (*terme désuet mais tellement approprié au personnage), sort son portefeuille, tout en continuant sa discussion qui semble prioritaire : 

"C’est fou ce que vous avez comme monde en ce moment, ça doit pas être facile tous les jours". 

Mais barre toi connard !

il saisit une première carte dans son portefeuille, la regarde quelques secondes puis finalement la range pour en choisir une autre. Il indique à la caissière qui sait garder son calme (grand bien lui fasse) qu’il paiera un partie par carte et le reste en monnaie. Je suis subjuguée, parce que bien évidemment, il tarde pour sortir ses centimes qu’il a a du mal à trouver dans son porte monnaie en cuir qui date des années Goldorak. Et puis il s’en va sans un "merci" ni "aurevoir". 

C’est à présent mon tour. La caissière me regarde et me dit :

"C’est fermé vous n’avez pas vu la lumière rouge ? Nan j’déconne". 

dimanche 24 novembre 2024

Les « bails » relous #1 : La notice des médicaments




Rangé à l’intérieur contre la paroi de la boite d’emballage ou plié en "U" autour des plaquettes de médicaments, aussi minuscule soit-il, ce petit bout de papier au grammage égoïstement avare, peut nous rendre grossiers voire hystériques. Le processus d’énervement est toujours le même et démarre à l’ouverture de la boite. La notice se trouve forcément à l’opposé de là où l’on a décidé d’ouvrir : une sorte de mauvais karma systématique, malvenu dans un contexte de recherche désespérée d’apaisement de symptômes. La notice est tellement planquée qu’elle n’est pas visible au premier coup d’oeil. C’est fâcheux parce que généralement si on souhaite la consulter, c’est que quel que soit le mal qui nous ronge à cet instant, le niveau de stress n’est pas particulièrement modéré. On a sans doute besoin de vérifier la posologie ou les effets secondaires. Ces effets indésirables, une fois lus et la gélule avalée, on les ressentira bien évidement comme tout spécimen hypocondriaque qui se respecte, même s’ils ne concernent qu’une personne sur 10 000. Mais revenons en à cette notice soigneusement pliée par je l’espère, une machine automatique et non des dizaines d’ouvriers à la chaine taylorienne, chacun responsable d’une des 50 nuances de pliage… 
Une fois le subtil document sorti, le son de ce feuillet qu’on déplie est presque satisfaisant (ASMR kiffance) même si à présent, il est proche du format A3 (j’exagère à peine). Comment peut on mentionner tant d’informations pour un comprimé à peine plus gros qu’une lentille verte ? Au passage, on se prend une nouvelle dose d’énervement de constater que la police d’écriture est réservée à des pilotes de chasse à la parfaite acuité visuelle, critère de sélection qui selon moi, semble être peu représentatif de la tranche d’âge dont je fais partie. Après avoir relu plusieurs fois les informations recherchées et intégré que la dose maximale n’était non pas 8 mais 3 fois par jour (il est vrai qu’en police 0,5, ces deux chiffres se ressemblent inévitablement), il est temps de re ranger dans sa boite ce délicat papier qui pourra peut-être nous servir à nouveau… C’est là que démarre la crise de démence : savoir replier cette feuille A3 en respectant tous les sens. C’était si simple à déplier, on aurait dit un accordéon (d'Yvette - désolée). Faut juste faire l’inverse, où est le problème ? Alors au départ, on est plein de bonne volonté et on essaie, parce qu’on est motivé ; et puis au bout de dix secondes on plie ce p… de bout de papier comme on peut et on l’enfonce de force dans la boite à présent toute gondolée. Sauf qu’on a oublié d’en sortir la plaquette de médicaments mais que si on l’extrait, elle entrainera dans son mouvement celui de la feuille démoniaque… Alors pour se calmer, il faudra peut être se saisir de l'autre boite de médicaments, celle de tranquillisants, en prenant soin de respecter la posologie visible sur la notice…