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samedi 3 janvier 2026

Débris de mots



L’écriture d’un texte c’est comme une envie de cuisiner, d’appliquer une recette pas forcément compliquée. La qualité gustative d’une entrée, d’un plat ou d’un dessert, ne se mesure pas au degré de difficulté de la préparation. 

Ecrire c’est utiliser des mots qui constituent les ingrédients, ajouter de la ponctuation pour procéder à l’assaisonnement, raconter une histoire pour réveiller les papilles de curiosité. D’ailleurs ne dit-on pas souvent qu’il s’agit d’une simple histoire de goûts ?  

Comme en cuisine, inutile d’employer des mots compliqués, c’est une question d’assemblage, de dosage. Mais, comble du comble, il est parfois préférable de ne pas suivre une recette à la lettre  pour pouvoir y apporter la signature personnelle du Chef écrivain qui fera toute la différence.

Il faut savoir peser ses mots, le fameux poids des mots, pour éviter que le texte soit trop lourd ou a contrario insipide et sans saveur, provocant chez le lecteur un sentiment d'ennui excessif et de surcroit déceptif… 


Un texte se mijote dans la cocotte du cerveau, lentement mais sûrement. Rectifier, corriger, ajuster, sont des étapes à respecter. Evitez avant toute chose de presser les mots, laissez-les s’épanouir dans des effluves d’idées neuves.

Une fois les mots à la bouche, il suffit de les coucher sur une page blanche comme pour obtenir ainsi, un délicat feuilleté de phrases aux détails croustillants.


Le point final est posé, le texte est terminé, il ne reste plus qu’à déguster et le consommer à foison sans aucune mots dération.


mercredi 3 décembre 2025

L'âge cahin-quinqua


Quand tu commences à dire que "tu as passé l’âge de ces conneries" ou "qu’on n’a pas à te dire ce que tu as à faire" ou encore que "c’est bon tu as suffisamment donné, il est temps de penser à toi", j’ai le regret (ou l’honneur) de t’annoncer que tu as sans doute basculé dans un âge cahin quinqua". Rassure-toi, ce n’est pas si grave mais parfois c’est mieux de le savoir pour éviter de passer pour un vieux beau (formulation féminine inexistante et c'est tant mieux), qui n’assume pas son âge ou qui se rend ridicule en essayant de paraître plus jeune avec l’usage d’un vocabulaire relou : "ça va les d'jeuns, on s’éclate ?" 

Tu as du mal à savoir si tu fais partie de cette catégorie cahin-quinqua ?  Laisse-moi t’aider, certains signes révélateurs sont visibles dans ton propre quotidien.

 

Commençons par tes nuits, quelle est la qualité de ton sommeil ? Tu es un homme : tu ne comprends pas, ta vessie a dû rétrécir car te voilà obligé de te lever plusieurs fois par nuit. N’oublies pas de chausser tes lunettes pour une visée optimale vers la cible, même si progressive rapport à tes verres. Tu t’éviteras ainsi des remontrances matinales de bobonne excédée. 

Tu es une femme : tu es sujette aux réveils systématiques à 2h47 qui se prolongent par une insomnie empreinte de sueurs nocturnes dignes d’une mousson tropicale.


Tu n’es peut-être pas concerné(e), mais pour certain(e)s d’entre nous, la grasse matinée est un souvenir plus que lointain : le réveil n’a pas encore sonné que tu as les yeux grands ouverts tel un lapin la nuit, immobilisé devant les phares d’une voiture. Toute tentative pour te rendormir est inenvisageable car vouée à un incontournable échec. Mais comme il est quand même trop tôt pour se lever, tu chausses tes lunettes et te munis de ton téléphone qui t’impose sur ton fil, des publicités plus que vexantes :  yoga sur chaise pour perdre du poids, complément alimentaires pour atténuer les effets de la ménopause, assurance obsèques et mutuelles en tout genre. Allez, tu finis par sortir du lit, et tu choisis pour cette journée une tenue "pratique" ou "confort": tu es mûr(e) pour voir ta boite aux lettres bombardée de prospectus Damart ou Mephisto. 

Tu t’apprêtes à partir mais tu ne sais plus où tu as mis ton sac ; tu t’agaces et tu jures à haute voix, parce que tu aimes de plus en plus parler tout haut même si tu es seul(e). Tu retrouves ton sac parfois dans un endroit improbable et c’est forcément que quelqu’un l’a déplacé sans t’en informer. Laisse moi te rappeler que cet argument ne tient pas la route si tu vis seul(e). 


En voiture, dès que tu passes devant un panneau, tu les déclames pour en faire profiter tes congénaires d’automobile, car ces informations sont exaltantes : "oh tiens, déviation à 100 mètres au prochain croisement",  "boulangerie artisanale au feu de bois ? c'est pas commun".


Au bureau, tu ne comprends pas tous les mots que tes jeunes collègues emploient : "J’tais en mode whaou, mais en fait, de base, mdr, c’est un charo qui fait tout en soumsoum". Parfois tu comprends leur humour mais pas tout suite et tu ris en décalé comme un mauvais duplex. Tu sors des vannes qui les offusque et tu leur lâches un : "de toute façon avec votre génération, on peut plus rien dire". Là tu es vraiment à la frontière de l’humour qui te vaudra en réponse : "Chuis choquée". Mais tu es un peu leur maman et ce rôle ne te déplait pas totalement, parce que comme elles savent te le dirent avec tellement de tact : "c’est un peu grâce à nous si tu restes jeune". Néanmoins, Tu ne comprends pas les vocaux au même titre qu’elles ne connaissent pas le répondeur.


Lorsque tu échanges avec ton fils, tu cumules de plus en plus ses réponses excédées du style : 

"Mais Maman tu me l'as déjà dit hier !

Toi en pleine crise de mauvaise foi : "Oui je le sais parfaitement mais je préfère te le répéter".


Quand tu rentres le soir et que tu t’affales dans ton canapé, tu émets un son vocal de satisfaction. Pour te relever tu en manifesteras un autre pour signifier que "la terre est basse". Tu es fatiguée alors qu’il n’est que 22 heures mais tu veux quand même avancer un p’tit quart d’heure sur ton nouveau puzzle de 1 000 pièces. 

 

Si tu évites les sorties en semaine, tu n’es pas contre un dîner au cours du week-end pour raconter à tes amis que tu as eu la chance d’aller voir la dernière pièce de théâtre qui s’appelle comment déjà, mais si enfin, tu sais, celle avec cet acteur super beau qui joue dans la série qui a fait un carton cet été et qui se passe en Bretagne enfin non, en Grande-Bretagne.

Le dîner se poursuit mais parfois les conversations croisées te déstabilisent, le brouhaha t’indispose. C’est dommage, les échanges étaient captivants : à ta droite on parle de coloscopie, sur ta gauche la prostate fait de la résistance et en face, la bipolarité éveille les consciences. 

Tu ne rentreras pas trop tard parce que tu sais que sinon, il te faudra deux jours pour t’en remettre.  


Voilà, il existe certainement d’autres signes de l'âge cahin-quinqua, mais je n’ai pas la prétention de les connaitre tous et c’est peut-être un mal pour un bien. Et si tu ne cumules pas tous ces signaux, ne t’inquiètes pas, ton tour viendra ou pas . En attendant je connais pour ma part l'âge cahin- quinqua depuis maintenant 5 ans et malgré une description de signaux qui peuvent au premier abord effrayer, je partage à 100% l’avis de la célèbre  sociologue Florence Foresti : "50 ans c’est merveilleux, c’est l’adolescence avec une carte bleue".

vendredi 19 septembre 2025

"Out of Robert" ou "Robert le Magnifique"



On ne va pas se mentir, le prénom Robert en France a un côté has-been franchouillard qui ne vend pas du rêve érotique. Personnellement, je ne connais que deux "Robert" dans mon entourage proche et ils sont tous deux coincés, non pas dans mon soutien gorge (désolée), mais dans ma bibliothèque : Robert le dictionnaire et Robert Bidochon….A contrario, ce même prénom outre Atlantique est dans de nombreux cas, porté par une gente masculine possédant d’indéniables critères de séduction qui font parfois buguer les femmes un peu quinqua comme moi : Robert Wagner, Robert de Niro, Robert Redford.  

J’ai découvert Robert Redford en 1985, l’année de mes 15 ans et de la sortie du film Out of Africa. Je n’aurais jamais imaginé qu’une scène de shampooing puisse faire autant mousser… Et pourtant, lorsque Robert (dit "Denys"), au bord de la rivière verse précautionneusement de l’eau sur les cheveux de Meryl Streep, je sais que nous sommes des milliers à nous être imaginées dégager sans vergogne l’actrice de sa chaise, pour y prendre sa place : Meryl ou pas, même combat. 

On ressent puissamment le bien-être procuré par le massage du cuir chevelu qu’il pratique de ses mains forcément délicates puis la sensation rafraîchissante de l’eau ;  surtout après une journée banale, à gambader dans la brousse, faire écouter du Mozart à des singes, se payer une virée en avion privatisé et manger dans des couverts en porcelaine au beau milieu de la savane, en buvant du bon vin. Quel film ! J’ai dû le regarder une bonne demie douzaine de fois et il me fait toujours autant d’effet. En apprenant que France Télévisions le diffusait, je suis rentrée plus que fissa d’un dîner, pour ne pas manquer le shampouinage et l’après shampouinage … 

Dans ses films et dans ses interviews, Robert avait le chic pour nous aimanter de son regard aussi profond qu’un puit sans fond. 

En 1998, Dans L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux, incarnant le rôle d’un dresseur, il est au comble de son potentiel de séduction : le simple port d’une tenue tout en jean, suffit à le rendre irrésistible et ce n’est pas Kristin Scott Thomas qui dira le contraire. Elle dût, "la pauvre", s’y coller lors de la scène où ces deux acteurs mythiques partagent une danse fusionnelle,  durant laquelle il aurait été impossible de glisser entre leurs deux corps soudés, ne serait-ce qu’une feuille de papier toilette. 

Et si l’on m’avait fait la "Proposition Indécente" de me réincarner en cheval, ne serait-ce que pouvoir bénéficier de ses murmures à mon oreille, je l’aurais accepté sans la moindre hésitation.


Robert Redford faisait indéniablement partie "Des gens pas comme les autres", un homme dont la présence dans ses films crevait plus que l’écran : il dégageait un côté rassurant tout en étant intimidant. C’était un condensé de beauté typique américaine, aux contours un peu carrés et qui faisaient craquer. 

Mais comme le disait Meryl Streep dans sa dernière réplique de Out of Africa : "il ne fut pas à nous, il ne fut pas à moi". La star hollywoodienne est à présent chez elle, au milieu des étoiles. 

dimanche 6 juillet 2025

Va, vis et deviens



Watson mon fils,


Ça y est, c’est fait, tu as ton BAC. Pour découvrir les résultats, tu as voulu retrouver tes copains au lycée, histoire de vous soutenir en cas de besoin. J’aurais pu de mon côté, les consulter en ligne mais j’ai préféré que ce soit toi qui m’annonce le verdict. Ce moment t’appartenait quelle qu’en soit la tonalité, triste ou joyeuse.

Alors quand tu m’as appelée à midi pile et qu’au travers d’un brouhaha de sons typiques d’ados aux voix qui déraillent de leur voie de l’enfance, je t’ai entendu hurler à plusieurs reprises : « j’ai mon bac Maman, j’ai mon Bac », j’en aurais sauté de joie, comme sans doute des milliers de parents au même instant soulagés, et qui depuis leurs lieux de travail, laissent discrètement échapper une larme gorgée de souvenirs de leurs enfants.


Je peux te l’avouer maintenant même si tu le sais déjà, je n’étais pas vraiment sereine. Mais tu avais tout fait pour : alors que depuis Pâques, je m’acharnais à rentrer régulièrement dans ta chambre pour te rappeler l’importance des révisions, la vision de ton espace de vie était loin de me rassurer : toi d’abord, casque sur les oreilles, à réviser avec une assiduité qui force le respect l’option jeux vidéos en ligne. Quelques feuilles de cours à moitié chiffonnées sur un coin de ton bureau sous ton foutu clavier, ou par terre entre deux châteaux de fringues indistinctement propres ou sales… et quand le dimanche qui précède le début de tes épreuves, tu m’annonces que tu ne retrouves plus ta calculatrice, je frôle (seule) la crise de panique. Et puis le premier matin d’examens, alors que tu déambules au radar dans l’appartement sans laisser transpirer un soupçon de nervosité (sans doute en pleine méditation pour l’épreuve de  philo à venir), je me coince le dos en me brossant les dents…Nos attitudes extrêmes équilibrent parfaitement la balance de l’évènement.

Les jours des examens, je fais en sorte de télé travailler pour anticiper un éventuel problème de transport qui te ferait louper une épreuve (ce qui ne te déplairait pas forcément). Mon attitude te fatigue et tes réponses ont la tonalité de l’agacement :  « Oui maman j’ai ma carte d’identité et ma convocation », yeux en l’air et soupirs obtiennent la mention "Très bien" sans les félicitations de moi, ton jury.

Tu passes tes épreuves écrites avec un sentiment de réussite plutôt mitigé pour chacune d’entre elles, ce qui me laisse perplexe mais j’essaie tant bien que mal de ne rien laisser paraître. Tu reviens de ton grand oral agacé par des "questions débiles" et dont tu n’avais pas de réponses à formuler devant ce p… de jury non acquis à ton irrésistible charme. 

Alors quand tu m’appelles, je la verse aussi cette larme qui en plus d’avoir cumulé une dose de stress pour deux, contient des litres de souvenirs à commencer par cette FIV miraculeuse il y a presque 18 ans. Avec ce nouveau diplôme le chapitre de ta scolarité se referme : les punitions multiples comme les lignes à copier 50 fois "je dois être plus sage en classe", les commentaires des maitresses "Watson n’a rien d’autre à faire que dessiner sur ses cahiers, aucun travail en 1h30", sur plusieurs de tes bulletins, les appréciations pleines de bon sens quand on connait la direction : "plus de travail amènerait plus de résultats, la facilité n’est jamais bonne conseillère", tous ces vestiges écrits sont aujourd’hui de formidables pépites que tu prendras plaisir à lire à tes enfants d’ici quelques années. 


Je suis fière de toi Watson de tout ce que tu es, de ta nature profonde, de ton humour irrésistible, de ta maturité, de tes choix, de ce que tu dégages du haut de ton mètre 80 et de ta moustache (horriblement) naissante. Trace ta route et sois fier de ce que tu es. 

Va, vis et deviens.

dimanche 4 mai 2025

Un week-end haut perché ou comment voir la vie en rose




Dans son livre "Le Sel de la Vie", l’auteure Françoise Héritier traque toutes ces choses agréables qui ponctuent notre existence et dont les souvenirs nous émeuvent, en nous faisant prendre conscience de la valeur de chaque instant. De retour après trois jours délicieux passés dans le Perche chez une précieuse amie de longue date et avec sa Maman, j’éprouve cette irrésistible envie de poser par écrit ces instants privilégiés en petit comité, au travers de balades et de conversations multiples, dans une ambiance paisible aux senteurs de lilas.

Une chambre "avec vue", apaisante, dorée par un soleil généreux, avec cette délicate attention de déposer dans un vase, une branche de lilas fraîchement coupée pour l’occasion de ma venue,

Un vide grenier local qui anime un village le temps d’une journée, épaulé par une buvette qui ne désemplit pas et qui créée des envieux auprès des exposants, qui  en cette fin de journée, commencent à remballer,

Des agriculteurs dans leurs champs, qui ignorent le 1er mai et qui fêtent le travail au volant de leurs tracteurs,

Une dinette au champagne dont les bulles et les derniers rayons du soleil nous font pétiller de bien-être,

Un réveil en douceur par des oiseaux bavards que la nuit a brimés,

Un running matinal au travers d’une forêt bienveillante et d’une route champêtre qui parfois casse le rythme,

Une petit déjeuner aux saveurs de miel local qui s’abandonne sans vergogne sur du Poilâne grillé embaumant la cuisine,

Un instant de puzzle qui hypnotise le temps,

Des pages de lecture savourées sur un banc, éblouissantes au soleil et qui se tournent seules, à la force du vent, 

Une soirée aux allures de l’été, avec une grande tablée : des oncles, des tantes, des cousins, du vin et des saucisses grillées. Les discussions se croisent et les rires s’amplifient,

Un crumble aux fruits rouges qui débordent de son plat et laissent sur les rebords blancs, comme des traces artistiques d’une bougie consumée,

Quelque étoiles bienvenues dans un ciel de Normandie et des effluves de purin dont on se priverait bien,

Un petit tour au marché pour récupérer les indétrônables pâtisseries du coin commandées la veille, puis partager un verre en terrasse, au gré de nos rencontres imprévues,

Des promenades à pied où la cadences des échanges est plus rapide que nos pas, 

Une orage inattendu et des grêlons pas vraiment maigrichons qui s’invitent par le conduit de la cheminée 

Et puis au coin du feu, des discussion profondes sur les liens d’une famille et les épreuves de vies.

Un week-end qui s’achève avec ce sentiment de repartir regonflé par ces moments de partages d’exception où voir la vie en rose n'est pas qu'une expression mais une leçon de vie...

dimanche 26 mai 2024

Ode au soleil : "Bouge-toi"



Allez le soleil, c’est bon, vas-y, cette fois reste avec nous.

Tu sais bien qu’on t’attend, nous et les ingrédients. On a sorti les tomates qui dansent la Burrata, les fraises dans leurs barquettes, rêvent qu’on les achète, et le rosé givré veut être débouché.

Cesse cette hésitation ! Tu sais qu’on vénère tes rayons et que sans leurs apparitions, notre moral se morfond. Nos journées sont plombées, on manque de vitalité. On cherche l’énergie, pour retrouver nos amis. On voudrait rire, courir, partir, sous un temps qui respire. On cherche la couleur bleue, celle qui nous émeut. On aime les nuages, tant qu’ils sont de passage. 

Ton absence nous dérange : Les barbecues sont fous et les planchas fadas. Nos pulls et pantalons, sont usés jusqu‘au fond et nos tenues légères trépignent dans les vestiaires.

Arrête de t’faire prier et reste à nos côtés. 


On voudrait t’imiter et enfin rayonner. 


lundi 18 mars 2024

Le marché thérapie



En cette période grisâtre et chaleureusement humide, qui incite la morosité à prendre ses aises dans nos états d’esprits pluvieux, permettez-moi de vous confier un remède efficace, pour reprendre de la vitamine de bonne humeur. C’est aussi simple qu’un marché du dimanche mais le vrai, c'est-à-dire celui qui est couvert et qui, lorsque l’on pénètre dans ses halles, nous happe littéralement, à grands renfort d’étalages colorés, d’odeurs puissantes de poulets virevoltants sur leurs broches et d’un discret brouhaha. Dans cet espace abrité, ça fourmille gentiment de personnes qui savourent le milieu de leur week-end, avec la perspective d’un après-midi de détente.

C’est un endroit de rencontres fortuites où l’on s’arrête sans complexe en plein milieu d’une allée, pour entamer une conversation et se mettre à la page des toutes dernières nouvelles. Ici, l’agitation est conviviale, le stress et la mauvaise humeur sont absents des étales. Les commerçants courageusement levés depuis des heures, enchaînent les prises de commandes en nous transmettant leurs kilos d'entrain, leurs litres de sourires et la passion pour leurs produits. L’attente pour être servi fait partie du jeu et nous offre le luxe de prendre enfin le temps, celui de ressentir la vie qui nous entoure : nos yeux rechargent leurs batteries de couleurs devant les étalages de fruits et légumes, tandis que nos oreilles captent les conseils de cuisson du rôti, donnés par le boucher au client devant nous. De ses gestes appliqués et respectueux envers sa viande, il coupe cette entrecôte et recouvre de son imposante main, la totalité du morceau pour mieux ôter avec l’autre, le surplus de gras malvenu. On aimerait pour nos cuisines, disposer des mêmes couteaux qui hypnotisent nos regards quand ils viennent trancher si facilement la chair mais on oublie que tout réside dans le professionnalisme de celui qui les utilise. Même ressenti côté poisson où lever des filets, retirer la peau de la sole, trancher finement le saumon s’apparente à des gestes quasi chirurgicaux, avec la satisfaction du travail bien fait qui se lit sur le visage du poissonnier de père en fils.

L’heure du déjeuner approche et le passage chez le crémier est la garantie de pouvoir goûter un ou deux fromages à la coupe. Ici, on admire le commerçant qui y va de tout son poids pour trancher un morceau de comté fruité 18 mois, avec son étrange couteau à double manche et sa lame large comme une scie. Et quand on lui demande de nous en dire un peu plus sur son Saint-Nectaire exposé, il s’en empare, nous le montre de plus près en appuyant délicatement dessus pour mettre en avant son côté moelleux crémeux. Comme si ce n’était pas suffisant pour nous convaincre, il n’hésite pas à nous le faire goûter pour la plus grande joie de nos papilles stimulées. 


Inévitablement, nous repartons du marché avec un fromage imprévu, trois barquettes de myrtilles pour le prix d’une, une botte de ciboulette offerte et quatre nems cadeaux que le traiteur rajoute pour nous remercier de notre sourire. 

Alors oui, on a dépassé le panier moyen mais au profit d'un stock de gaité, de gentillesse, d’échanges directs en toute simplicité avec des gens vrais, courageux qui ne se prennent pas le chou et n'ont même pas conscience du pouvoir qu'ils détiennent, celui de nous redonner la pêche...

Bienvenue au marché thérapie. 

dimanche 3 septembre 2023

"Rentrez bien"




Inutile d’avoir le compas dans l’oeil pour réaliser que la rentrée aura lieu la semaine prochaine. C’est bien simple, les médias et réseaux sociaux semblent depuis quelques jours, s’être passés le mot pour nous harceler d’une spirale de conseils en tout genre pour bien réussir sa rentrée.  

On ne va pas se mentir, les vacances pour beaucoup d’entre nous, sont plus que scotchées dans nos esprits et ce sable de plage qui tombe de la serviette que l’on s’apprêtait à mettre dans la machine à laver, déclenche sur nos visages (qui ont encore bonne mine) un sourire nostalgique. On aimerait encore tellement y être ; et comme à chaque retour, on se fait la réflexion que c’est passé beaucoup trop vite. Nos téléphones portables sont blindés de photos que l’on sait qu’il faudra prochainement classer pour éviter la saturation du cloud. Certaines d’entres elles sont quasi identiques mais c’est toujours la même chose, on a du mal à les supprimer comme si on risquait de déchirer une page de nos vacances.

 

Il est plus que temps de se remettre d’équerre et d’entamer la reprise d’une vie bien réglée. A commencer par les horaires qui ont fait l’école buissonnière pendant ces quelques semaines. Repas, Lever, Coucher vont devoir retrouver leur format classique pour éviter les ratures. L’Apéro et le rosé qui avaient pris leurs quartiers d’été, se feront plus discrets et resteront dorénavant, plus souvent en fond de cours ; il s’agit d’être  raisonnable raisinnable…

Les jours voient leur motivation baisser comme pour nous préparer à ne plus compter sur eux pour jouer les prolongations de vacances achevées. Certains d’entre nous parviendrons néanmoins à tricher, en emprisonnant l’été dans un bocal de confitures de mûres millésime 2023.  

Mais la chaleur estivale et le soleil de septembre semblent bien épanouis et retardent encore un peu, l’apparition de nos mines de papiers mâchés…Les tomates burrata sont loin d’être gommées ; elles ont bien au contraire encore leur mots à dire, aux côtés des figues fraîches qui commencent à trépigner sur les marchés.


Allez c’est parti, chacun va vivre sa rentrée à sa façon et contre toute attente, ça finira par aller. La reprise du boulot et son stress associé, le départ de la maison d’un ou plusieurs enfants devenus étudiants, le changement de lycée, une envie de bouger, de changer de fonction,  tous ces projets et pensées qui nous traversent l’esprit et qui nous font réaliser que nous sommes bien en vie.

Rentrez bien.

mardi 1 novembre 2022

Reprise



Cette photo est sans doute le signe d’une envie incontrôlable de reprendre le chemin des mots que j’avais abandonné depuis trop longtemps et qui devenait de plus en plus impraticable. Quelques exercices d’écriture durant l’été, ajoutés à de touchants encouragements de proches, me permettent d’entrevoir aujourd’hui la possibilité de débroussailler ce sentier. 
J'ai cette chance inouïe d’avoir la passion de l’écriture. J’éprouve la sensation de donner davantage en écrivant qu’en parlant et d’être plus en phase avec ce que je souhaite exprimer réellement. Avoir le temps de choisir les mots adéquats, rechercher la musicalité parfaite d’une phrase, laisser une trace quand les paroles s’envolent. Un loisir, un remède, une thérapie, un exutoire, sans doute un peu tout ça mais avant tout une soif insatiable de raconter, décrire, faire rire.
Je crois au pouvoir des mots.


Mots destement vôtre 😉


vendredi 28 octobre 2022

Coup de pompe du dimanche soir (24/10/22 en pleine pénurie d'essence)




Il existe des dimanches soirs où la déprime est TOTALE, où la JAUGE du moral indique qu’on est sur la RESERVE. Ce sentiment n’est pas MOTEUR mais c’est souvent le signe que le reste du week-end a été SUPER. On a FAIT LE PLEIN de moments de détentes,  pas forcément toujours RAFFINÉS pour peu que le samedi soir, on ait CARBURÉ aux breuvages qui laissent comme des traces d’ETHANOL dans notre organisme. Alors le matin du dimanche, on a du mal à DEMARRER, on se traine comme un DIESEL avec un casque à pointes qui est tout sauf BIDON. Le Doliprane FAIT SENS ; il est même ESSENTIEL, comme ces moments d’amitié qui nourrissent notre RESERVOIR de purs souvenirs SANS PLOMB.

Finalement ce genre de dimanche est une chance : il donne NAISSANCE à cette prise de conscience que la PÉNURIE d’amour et d’amitié est loin de nous concerner. 

ESSENTIELLEMENT vôtre.