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samedi 17 février 2024

Et l'Amour dans tout ça ?

 

Photo d'emballage Picard 😅

J'ai récemment été sollicitée par le Huffpost pour contribuer à un article portant sur les différences dans la façon de chercher et de rencontrer des partenaires quand on est jeune et plus tard dans la vie. L'article mis en ligne sur le site du Huffpost est donc une compilation des témoignages de personnes entre la vingtaine et la cinquantaine. Ma proposition ayant été quelque peu raccourcie et modifiée à mon grand regret (mais c'est sans doute le jeu ma pauv' Lucette),  je vous livre ci-dessous le texte original....

Je suis d’une génération nourrie dans sa jeunesse de séries, films et dessins animés tous plus fleur bleue les uns que les autres : que ce soit Au Pays de Candy où "elle rêve et elle imagine que le petit Prince de collines vient lui parler doucement", ou au sein de La Petite Maison dans la prairie, dans laquelle rien ne semble ébranler l'adoration réciproque que se vouent les époux Ingalls, je voulais moi aussi tomber sur LE Grand Amour, comme Bridget Jones le relatait dans son journal.

Il y a trente ans, les études, les soirées associées, les frères de nos meilleures amies, les groupes d’amis des vacances estivales, constituaient un véritable vivier de rencontres potentielles. Trop timide, j’avais souvent une bonne amie pour faire passer le message à l’heureux élu de mon cœur. Je rêvais de romantisme et m’enflammais quand je recevais (par la Poste !) des lettres d’amour remplies de citations de Gérard de Nerval. Je m’empressais d’y répondre en évitant la phrase que beaucoup plus jeune j'inscrivais sur le dos de l'enveloppe : "Petit facteur presse le pas car l’amour n’attend pas". Les premiers émoticônes de cœur sont nés sur ces enveloppes. On était encore tellement loin de l’aubergine et de la pêche…

J’ai toujours recherché des histoires sérieuses, c’est-à-dire qui durent dans le temps, avec le fantasme du mariage à la clef, la consécration de l’époque… Et c’était sans compter le poids de l’éducation pour trouver LE garçon de  "bonne famille", bref qu’il soit "d'un milieu social respectable". Quelle époque dépassée!… 

Je n’avais qu’un objectif : me marier, avoir des enfants conçus lors d’une belle nuit d’été, un chien, une cheminée et la vie bien rangée qui va avec, auprès d'un beau mari protecteur. Résultat, je me suis retrouvée avec un homme que j’ai surprotégé, le chien a été remplacé par un cochon d’Inde, la cheminée par un chauffage au sol dans un appartement de banlieue, avec un enfant obtenu après multiples tentatives de FIV. 

A 53 ans, divorcée depuis 3 ans, je retourne à la case départ : pas facile de se remettre sur le marché quand on n’est plus toute neuve et que les occasions de rencontres ne sont plus vraiment les mêmes qu’il y a trente ans. "Sors", "Inscris-toi dans une salle de sport", "Tente les sites de rencontre", sont un échantillon des conseils des bonnes copines (en couple) qui ne savent pas trop quoi dire. On m’évoque aussi souvent l’option rencontre au boulot mais si je pouvais éviter de me caser avec un mec auprès de qui je ferais régulièrement la revue de personnel sur l’oreiller, ça m’arrangerait…

Si j’ai envie d’une nouvelle histoire, je ne l’envisage pas de la même manière : hors de question de vivre ensemble 24h/24: je vise "le chacun chez soi" et on se voit pour les bons moments. Je souhaite garder une certaine indépendance que j’ai retrouvée grâce à mon divorce et qui m’épanouit pleinement. 

Je suis inscrite sur des sites (cf post Mythiques rencontres) car je pense qu’il ne faut négliger aucune opportunité même si pour l’instant c’est la bérézina...

Je pense être aujourd’hui plus ouverte sur mes critères de sélection, la maturité sans doute. Je fais selon mes envies et le regard des autres en la matière m’importe moins qu’avant. 

En revanche si à 20 ans, l’idée d’être avec un garçon de 10 ans mon aîné, ne me dérangeait absolument pas, je milite aujourd’hui pour une tranche d’âge supérieure limitée : je ne souhaite pas me reconvertir en auxiliaire de vie. Quant à la tranche inférieure, bizarrement je ne suis pas contre (Cougar sors de ce corps)


Je ne rêve plus de mariage, mais d’une histoire simple, épanouissante qui s’arrêtera quand elle devra s’arrêter. 

dimanche 2 juillet 2023

Mythiques rencontres




Quand on est jeune divorcé(e) et que l’on frôle les 50 ans, la solitude interpelle surtout si, comme moi, on a passé plus de vingt ans en couple. Me retrouver seule m’a fait un bien immense et je ne suis pas forcément pressée de re partager ma vie avec une nouvelle personne. Mais c’est sans compter la pression sans doute involontaire de l’entourage bienveillant qui peut parfois glisser quelques rappels à l’ordre, sur le temps qui s’écoule :

 "T’es plus toute jeune, ce serait bien que tu rencontres quelqu’un rapidement." ou bien 
"Tu ne vas quand même pas finir ta vie seule !" ou encore l’inévitable question/réponse : 
 "Tu t’es mise sur des sites de rencontres ? Non parce que je connais quelqu’un qui connait un couple qui s’est rencontré comme ça et ils sont toujours ensemble. Comme quoi ça peut marcher."

Il m’a fallu quasi un an après mon divorce pour envisager de m’inscrire, sous les encouragements de mon jeune psy plus enthousiaste que moi à cette idée : "Mais oui allez-y lâchez-vous, faites des rencontres, amusez-vous, testez votre potentiel attractif ". Houla, tout doux le psy, on se calme ! C’est peut-être aussi ça le problème : tester son potentiel attractif et se rendre compte qu’on ne possède pas la caractéristique première d’un aimant ou que bien au contraire, on attire tout ce qu’on voudrait repousser…

Je totalise aujourd’hui 3 expérimentations de sites de rencontres distincts et donc commence à en maîtriser les ficelles. Une chose est certaine, c’est qu’il faut avoir le cœur comme les yeux bien accrochés et savoir aborder la chose avec beaucoup de recul et d’humour ; vous éviterez ainsi de tomber en dépression face à la bêtise et parfois la misère humaine. Loin de moi l’idée de vous faire un cours magistral sur le sujet mais plutôt de vous donner quelques indications sur la réalité de cet univers . Suivez-moi à présent, et comme dirait Sam de l’inoubliable émission ô combien culturelle "Y’a que la vérité qui compte", la vérité est au bout de cette phrase.

"Charlie, que vois-je là ? je dirais que votre père doit être fabricant de biscotte car franchement je dirais que vous être drôlement craquante" ou bien 
"Bonjour Charlie, besoin de votre aide : j’ai l’impression d’avoir commandé trop de sushis pour ce midi et je n’arriverai jamais à les finir tout seul" et autres "Bonsoir Charlie si t’es célibataire, tas besoin de passé un moment inoubliable, accompagné d’un homme respectueux, éduqué, costaud, musclé et bien juteux, discutons nous". 

Bienvenues dans cette « planet » ou le choix des mots, l’ortograf, le souvent mauvais goût et les punchlines sont les maîtres du jeu. Quel que soit le site choisi, il vous faudra passer par la case description,  en répondant à des questions pas forcément toutes très intelligentes du style "quel objet vous suit partout ?" Inutile de vous préciser que la plupart des répondants aussi originaux soient-ils, se sentent obligés de répondre "ma brosse à dents". Waouh, tellement drôle et sexy !

Écrire quelques lignes sur soi est également impératif pour se démarquer dans le rayon des profils visités. C’est un exercice compliqué mais qui doit avant tout donner envie de liker et d’entamer pourquoi pas, une discussion par textos. Eh bien figurez-vous que beaucoup n’ont pas l’air de l’avoir compris et y vont de leur états d’âme en toute franchise ; jugez plutôt (les noms ont été changés mais la syntaxe et l’orthographe sont d’origine) : 

"Jacques, 48 deprissif, alcoolique mais de bonne composition.hésiter pas a me draguer si je vous plait on ne sait jamais peut être le feeling"
"Les femmes qui vivent dans le passé, indécises, accros de leur canapé, obsédées de la balance, intolérantes et les femmes enfants, passez votre chemin…merci
PS : hystérique ou en voie de mémérisation avancée s’abstenir."

À quel moment peut-on imaginer séduire avec ce type de propos ?! Suis-je la seule à rechercher une relation saine, épanouissante et non me coller avec un cas social qui comptera sur mon soutien pour l’aider à rester en surface ? Quant aux propos machistes, peut-être finalement qu’ils attirent un certain public féminin dont je ne fais pas partie…

Dans les descriptifs de profils, s’il est une expression qui revient régulièrement dans ce que recherche la gente masculine, c’est "une relation sans prise de tête". C’est bien simple, la lire me fait systématiquement swiper vers la gauche pour visualiser le prochain "produit" proposé. 

2 explications qui justifient mon rejet automatique : la première, c’est que le mec en question, s’il n’a pas envie de "se prendre la tête", serait en revanche tout à fait ok pour prendre autre chose…La seconde, je ne peux pas m’empêcher de penser que s’il mentionne ce sujet, c’est qu’il est lui-même source de prise de tête.

On ne compte pas non plus les "Carpe diem". Si Horace savait que sa prose, au- delà d’être souvent tatouée, est également utilisée comme une arme de séduction qui fonctionne ou pas… 

Pour compléter un profil, il est plus que conseillé d’y mettre plusieurs photos.  Se prendre en photo dans un miroir est le défi masculin et pour peu que l’éclairage soit tout sauf chaleureux, on tombe sur l’imperfection photogénique. En tête des arrières plans, des portes d’ascenseur ou des distributeurs de serviettes que l’on trouve dans les toilettes publiques (type aires d’autoroutes) ou d’entreprises. Faire un selfie au volant de sa voiture la tête légèrement penchée, c’est sensé nous faire vibrer ? Poser devant sa moto est aussi un grand classique, sans doute l’expression de la testostérone la plus puissante… Est-ce que les modérateurs des sites pourraient interdire les photos de paysages floues, les couchers de soleils mal cadrés et les assiettes censées nous faire saliver ? Décidément, certains ne semblent pas comprendre que nous ne cherchons pas une destination touristique mais plutôt un destinataire final.

Quand le "match" opère , vient le temps des échanges par textos ou appel vocal. Là encore, si j’ai un conseil à donner en la matière, c’est de ne pas faire durer ces échanges trop longtemps. Mes expériences m’ont appris que l’on ne peut juger qu’en face à face :  la gestuelle, la façon de s’exprimer, la voix et le regard forment LE tout qui permet de se faire réellement une idée de ce que l’on ressent. Mais par pitié, refusez le restaurant en guise de première "date" ou vous risquez de passer le repas le plus long de votre existence et je sais de quoi je parle : en rentrant dans le restaurant, j’ai tout de suite compris que ça n’allait pas être possible. J’aurais pu partir en courant mais mon éducation m’a rattrapée : de nature plutôt réservée, j’ai tout de même essayé de poser des questions, de trouver des sujets de conversations parce que l’autre en face était en mode "avion" dès les premières minutes, avec des bâillements au bout de la demie-heure : tellement classe…Difficile de faire plus malaisant.
Privilégiez donc plutôt le verre dans un café qui peut se transformer d’un commun accord en dîner. L’option balade dans un parc est celle que personnellement je préfère : à défaut du crush attendu, un peu d’exercice ne fait pas de mal et l’on peut y mettre fin quand bon nous semble.

Voilà pour le tour d’horizon ; mon devoir de réserve m’oblige à ne pas nommer les sites testés mais qu’il s’agisse de rencontres soit disant mythiques, ou d’une plateforme qui rassemble l’élite, le résultat est pour l’instant similaire : aucune palpitation digne de ce nom ou déclenchement de flamme. On se refait un point dans quelques temps ? Disons demain ?

PS: si cet article vous a plu, je vous invite à lire celui intitulé "l’après post sur les sites de rencontre", pourquoi pas aussi "Et l’amour dans tout ça ?" et même "l'Agence de rencontre, j'y vais j'y vais pas ?". Liens ci-dessous : 

https://charliesteser.blogspot.com/2023/07/lapres-post-sur-les-sites-de-rencontre.html

http://charliesteser.blogspot.com/2024/02/et-lamour-dans-tout-ca-cest-quoi.html

http://charliesteser.blogspot.com/2025/10/lagence-de-rencontres-jy-vais-ou-jy.html

dimanche 18 mars 2018

Côté psy




Si l’un d’entre vous croise Florence Foresti, dites-lui que j’ai peut-être un sujet de sketch qui devrait lui plaire ; le genre de sujet qu’on peut caricaturer sauf que dans le cas présent, malheureusement peut-être pour moi, rien n’est inventé.
L’histoire commence par une simple dispute entre une maman et son petit garçon de 10 ans. Pour faire simple appelons la maman Charlie, et le fiston Watson…
Quelques éléments de contexte :
un vendredi soir Watson rentre du foot et s’aperçoit en arrivant chez lui, que le blouson qu’il porte (à la main) n’est pas le sien mais celui d’un de ses camarades qui avait exactement le même, à la différence près qu’il a deux tailles en moins. A l’origine de cet échange, l’ambiance vestiaire de fin de match, les chaussettes qui se mélangent, les maillots qui volent les commentaires des plus belles actions qui fusent, on s’habille en prenant les fringues du voisin et bim.
Alors, quand Watson s’en aperçoit, il juge préférable de ne rien dire en tout cas, pas tout de suite mais le lendemain matin, juste avant de partir avec sa maman chez le psychothérapeute. Oui parce que  Watson ayant une carence en concentration, des séances chez un psy ont été fortement recommandées par le corps enseignant. Watson se rend généralement de bon cœur à ces rendez-vous mais ce matin-là, allez savoir pourquoi, il traine un peu la patte :
- Maman on est obligé d’y aller ? J’ai rien à lui raconter là, je travaille mieux et en plus, c’est les vacances.
-  Ecoute Watson, on ne peut pas annuler au dernier moment donc prends ton blouson et on y va.
- Avant, faut que je te dise quelque chose et je suis sûr que ça ne va pas te plaire. Malo, il avait le même blouson hier et en fait, il a pris le mien et moi j’ai le sien.
- Attends une minute ; tu veux dire que tu as le blouson de ton copain depuis hier soir ?  Mais tu t’en es aperçu quand ? Demande la maman qui commence à sentir l’énervement poindre son nez.
- Hier en rentrant.
- Et pourquoi tu n’as rien dit avant ? Hein pourquoi tu ne nous as pas prévenus tout de suite ? Il s’appelle comment ce garçon ? Bien sûr on ne le connait pas, on n’a pas son numéro de téléphone ! On est le premier jour des vacances, on annonce un froid polaire la semaine prochaine et tu es en train de me dire que ton blouson est dans la nature ?!!! L’énervement a laissé rapidement sa place à l’exaspération. T’avais pas de sujet pour ton rendez-vous et bien en voilà un tout trouvé !!
Watson et Charlie quittent l’appartement pour rejoindre la voiture. Sur le chemin qui les conduit au parking, la maman est devant et avance à grands pas, en jurant c’est mieux, alors que l’enfant suit derrière presqu’en courant mais restant légèrement en retrait pour éviter la confrontation.
Dans la voiture, la communication ne se résume qu’à des échanges de regards via le rétroviseur : deux yeux injectés d’éclairs contre une paire d’yeux, modèle chien soumis qui vient de faire pipi dans la maison.
Lorsque le psy les accueille par un :
- Alors, comment ça va aujourd’hui ?
Charlie est déjà en mode pilotage automatique défaillant.
- Et bien Watson vient de nous en faire une superbe et je ne vous cache pas que je suis particulièrement énervée. Mais je vais le laisser vous raconter.
Elle jette des regards complice, entendus au psy, l’air de dire vous allez voir, vous n’allez pas être déçu !
- Alors Watson qu’est-ce qui s’est passé ? Demande le psy dont le ton calme et le regard apaisé compensent avec le visage ravagé de furie de la mère.
Et Watson, penaud, la tête dans ses chaussures, raconte l’histoire en expliquant qu’il n’en a pas parlé tout de suite pour ne pas se faire gronder.
Le psy regarde la mère et lui demande :
- Et qu’est-ce qui vous dérange ?
- Qu’est ce qui me dérange ?! Mais enfin !! La vraie raison c’est qu’en rentrant hier soir, il n’avait qu’un seul objectif c’était de retrouver sa put foutue tablette et n’avait pas du tout envie d’être pollué par autre chose ou de devoir retourner chercher son blouson je ne sais où !!!
- Ok mais qu’est-ce qui vous met dans cet état ? Essayez d’analyser.
A cet instant précis, Charlie sent qu’elle perd le contrôle et que son supposé allié n’en est peut-être finalement pas un. Elle répond :
- Et bien on dirait que c’est moi qui vais parler aujourd’hui (air faussement dégagé et agacé).
- Peut-être que parce que c’est vous qui en avez le plus besoin ? (Bim prends toi ça dans la tronche). Alors en quoi ça vous dérange son attitude ?
Charlie poursuit son raisonnement même si elle commence à sentir que la partie lui échappe.
- Tout ça, c’est une question de confiance ! Il m’a caché quelque chose !!
- Vous êtes en train de dire qu’il vous a manipulée ?
- Oui c’est exactement ça ! Charlie pense avoir retrouvé son allié.
- Et pourquoi attachez-vous autant d’importance à la confiance ? Alors là Charlie commence à en avoir marre avec ces questions à la…psy
- Parc’que, parc’que, parce que j’ai des amies qui ont des enfants plus vieux que Watson, bref qui sont adolescents et qui boivent et se droguent !
En lâchant ces derniers mots à grande vitesse, Charlie sent qu’elle est allée peut être un peu trop loin dans son raisonnement mais c’est trop tard. Watson la regarde avec des yeux comme des soucoupes et lui demande sous le choc :
- En fait t’as peur que je me drogue ?
- Oui, enfin non, enfin c’est pas ce que je voulais dire.
Le psy se lève et poursuit :
- Ok, on va faire un petit schéma sur le paperboard. Il écrit le mot blouson, dessine en dessous une flèche qui descend et écrit au bout le mot drogue. Il explique :
- Donc résumons-nous, on part d’une histoire de blouson malencontreusement échangé. Watson s’en aperçoit et ne dit rien parce qu’il a peur de se faire gronder : comportement normal d’un enfant de 10 ans. Et on termine avec une suspicion de consommations de drogue dans quelques années. Je ne dis pas que Watson a eu raison de ne rien dire ; je dis juste que c’est une attitude d’enfant et vous lui prêtez des comportements d’adulte en parlant de manipulation.  Je suppose que via le club de foot vous allez avoir les coordonnées de ses parents non ? Donc finalement le blouson n’est pas perdu. Madame Steser, vous ne seriez pas un peu angoissée ? Vous ne seriez pas du genre à vous inventer des scénarios catastrophes ?
- Non pourquoi ? Enfin si... peut-être… un peu.
- Et votre mari il en dit quoi ?
- Mon mari, mon mari… il dit que je suis hypocondriaque. Charlie se dit encore une fois qu’elle aurait mieux fait de se taire. Sourire du psy qui s’adresse à Watson :
- Ok Watson ; bon, il ne faut pas que tu en veuilles à ta maman c’est un peu Mouchi dans "un éléphant ça trompe énormément", "mon fils, mon fils".  Faut pas lui en vouloir, tu es son fils unique. Il faut juste qu’elle apprenne à se détendre, à se relaxer.
Et s’adressant à Charlie et Watson :
- Bon je pense qu’on en a fini pour aujourd’hui. Voulez-vous qu’on fixe un autre rendez-vous ?
Charlie : "c’est Watson qui décide.
Watson : Oh oui ! Ca fait du bien à Maman je crois et moi ça me va très bien."

samedi 19 novembre 2016

La recette inratable du week-end entre amis


Note : à vous d'juger

Difficulté : facile voire simplissime si t'as pleins d'amis

Coût : on s'en fout on est content d'se voir

Ingrédients :

- une douzaine de potes saoulés par leur semaine de boulot et qui ne rêvent que de se détendre.
- quelques enfants petits ou grands ; ça peut donner un peu de piquant surtout quand c'est pas les siens.
- une grande maison confortable, qui ne craint pas les débordements (au sens propre comme au figuré), à une distance raisonnable de Paris, pour que la fête ne soit pas gâchée par le temps passé à rentrer le dimanche soir.
- une cheminée, élément indispensable pour faire cuire la viandasse.
- une playlist de compétition contenant même le titre des "Sardines" de Patrick Sébastien, des L5 et leur "étincelle" : oui, je sais on touche le fond mais sur un malentendu, on pourra les passer.
- quelques breuvages avec et sans bulles, rouge, blanc, ça dépend, ça dépasse.
- de la bonne pitance.
- des objets de décoration pouvant servir lors des chorégraphies ; chapeaux, bougies, tulipes en bois...


Il est des week-ends entre amis, que l'on ne peut oublier  tellement les 24 heures passés ensemble, n'auront été qu'une succession d'éclats de rire, de partages, de bêtises, de discussions plus ou moins sérieuses, bref des week-ends "que quand" on arrive le lundi matin au bureau, on se surprend à rire tout seul en se r'faisant le film. C’est vrai qu’on ne peut pas dire que ce type de week-end soit du genre reposant mais le bénéfice est tel, que la fatigue ressentie au boulot le lundi, est rapidement balayée par les souvenirs et flashes de ces 2 jours au vert ou même rouge pour certains..
Nous ferons démarrer notre week-end le samedi midi ce qui permet à notre Hôtesse, arrivée la veille, d'ouvrir en toute sérénité la maison, et aux invités d'éviter la surexcitation du vendredi soir (sorties des écoles, dossiers à rendre à son chef impérativement avant d'partir, bouchons parisiens...). Pour plus de simplicité, nous appellerons la Maîtresse des lieux, "la Baronne".
La route a été bonne, le temps est plutôt clément. C’est un week-end d’automne comme on les aime, il fait encore beau et la chaleur est suffisante pour que l’on puisse fêter notre arrivée dehors. Les ¾ des invités triés sur le volet ou plutôt selon le débit de connerie, sont arrivés et savourent le panier campagnard apéritif servi dehors : toast de rillettes, pâtés en tout genre, de tout poil, Chinon tête de con ou cidre de Loïc sans Raison) ; la Baronne s'affaire déjà pour griller ses vilaines saucisses dans l'immense cheminée.
Les enfants déjeuneront à l’écart des adultes, ce qui est un prérequis pour laisser libre court à toute discussion qui dans le cas contraire, aurait pu faire l’objet d’une censure ; La patronne a tout prévu : la table est installée devant la cheminée pour les rejetons soignés à coup d'coca, saucisses, chips et petits suisses.
Pour les adultes : un repas léger à base de salades, merguez, fromage et moelleux délicieux. Rentrés à l’intérieur pour le déjeuner, certains convives ressortent pour le café car ont un peu plus chaud (à cause que l’Morgon, c’est bon). Ce sont ceux-là même qui privilégieront la sieste à la balade digestive champêtre proposée par la Baronne. C’est plutôt un truc de filles ce genre de balade et d’ailleurs, quand un mec se greffe à une promenade, ça nous arrange pas forcément…
On incite les enfants à venir pour éviter une surconsommation de tablette ; y en a toujours un sur le tas qu’est pas ravi et qui aura envie d'faire caca au bout de 10 minutes. Et puis, dans ce genre de balade, y’a souvent des sous-groupes qui se forment : les filles qui racontent des trucs de filles, les enfants qui courent devant (pour l’instant), le couple in love qui peut pas se séparer (grand bien lui fasse, qu’il en profite), le chieur (c’est l'cas d'le dire) qui est à la traine derrière et qui finira par comprendre que sa stratégie du caca ne marchera pas. J’vous passe les sujets de discussions, ça n’intéresse personne ; quoi que dans un week-end réussi, il y a toujours un moment entre meufs, pour des échanges plus ou moins sérieux et quelques secrets de femmes à faire pâlir les mecs tellement ils aimeraient être là ; ce qu’ils ne savent pas, c’est que généralement on parle de nous et pas forcément d’eux !! De nos fringues, de nos envies, de nos emmerdes, de notre boulot, de notre palmarès de mecs (passés j’entends)… On rencontre des tracteurs avec des conducteurs trop jeunes pour participer à "l’amour est dans l’pré" ; dans le village qu’on traverse, on tombe sur l’affiche du concert local organisé à la salle des fêtes pour le chanteur Bernard Toush, ce qui peut donner lieu à multiples commentaires ; le cherchez pas sur Internet, il a dû avoir une carrière "éphémère". Après deux heures de marche, pour ceux qui n’en peuvent plus, direction la maison et visite de la ferme d’à côté pour les plus courageux, histoire de faire un peu d’enseignement aux enfants qui ne se sont pas échappés, pour retrouver leurs tablettes.
Retour à la maison. Les derniers invités viennent d’arriver avec leurs enfants. Oui parce que dans un week-end, y'a toujours des personnes qui arrivent en décalé mais qui pour autant, se mettront vite dans l’ambiance. 
C’est le moment où certaines lisent des magazines hautement intellectuels achetés pour l’occasion. Pour peu qu’il y ait un test dans l’un d’entre eux, on a beau toutes dire que c’est vraiment débile, on finira par toutes (et parfois tous) le faire…
C’est l’instant sieste pour d'autres, bain pour les enfants, préparation de la braise et des amuse bouches. Une fois les enfants gavés de jambon coquillettes, la soirée peut enfin commencer. Le feu crépite avec fougue, petite musique d’ambiance toute douce, les flutes de champagne se vident  et se remplissent instantanément par un pouvoir surnaturel. Les conversations sont encore intelligentes ou presque.
Les côtes de bœufs sont maintenant prêtes ; le gratin dauphinois concocté par la Baronne n’attend plus que d’être dégusté. Mais pourquoi parle-t-on plus fort tout à coup ? Tiens, ça y est, Laurence (on l’appellera Laurence) a la voix qui déraille, c’est le signe que la soirée commence à vriller.
Et cette musique , quelqu’un a monté l'son ? on est passé de Charles Aznavour à David Guetta en l’espace de quelques gorgées de Bordeaux !! Et  c’est toujours la même chose, personne ne touchera aux fromages et les 3/4 des convives se retrouvent à danser comme des oufs, sous l’œil amusé des enfants qui devraient être couchés depuis longtemps. Allez c’est pas grave, ce soir c’est la fête. Les ados, eux, sont consternés de voir leurs parents se trémousser bizarrement sans aucune retenue et préfèrent s’isoler. Les titres s’enchainent grâce à notre DJ, appelons le Xavier ; les chorégraphies les plus débiles se poursuivent (et je sais de quoi je parle).
Et puis tout à coup, bim, c’est comme un coup d'bambou, les 2/3 n’en peuvent plus et montent direct se coucher. Le tiers restant est généralement pris d’une fringalite aigüe et donc passe par la case cuisine, histoire d’ingurgiter un petit casse-dalle avant la nuit bien entamée.
Pendant que tout l’monde ronfle, y' en a forcément un ou une qui ne se sent pas très bien et pour qui la nuit tanguera.
Le lendemain matin, on plaint ceux qui sont venus avec leurs enfants, lesquels n’ont pas encore intégré dans leur construction cérébrale, les bienfaits de la grasse ou grâce matinée.
La maisonnée se réveille au compte-goutte (de je ne sais quel liquide), les regards sont bovins, les cheveux plats et les voix plus que rauques ; je vous fais grâce des haleines… L’énergie de la veille a fait place à une sorte de mollesse plus que vaseuse. La matinée se poursuit avec des gestes ralentis pour beaucoup, surtout quand il s’agit de ranger les vestiges de la soirée.
Le soleil permet à plusieurs de sortir pour une balade réparatrice, certains prolongent leur nuit sur un transat car le soleil nous fait l’honneur de sa visite.
On partage tous un dernier déjeuner avec les restes de pitance qui sont généralement copieux. On rit pour un rien mais ça fait du bien et c’est tellement typique du manque de sommeil de lendemains de soirée agitée.
On n’a pas vraiment envie de se quitter et en même temps, on a presque hâte de rentrer chez soi pour s’avachir sur l'canapé...Le dimanche se termine au ralenti ; ce soir, on se contentera d’une soupe et d’un yaourt. En vous couchant, en repensant au week-end et comme toute bonne recette qui se respecte, vous vous promettez de la refaire rapidement.
Voilà, j’espère que vous vous êtes délectés à la lecture de cette recette. En tout cas moi, j’ai pris beaucoup de plaisir à vous la restituer, en essayant d'en conserver toutes les saveurs d’origine.