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mardi 21 février 2023

Speed reading ou jamais sans mon livre #7





"A l'encre rouge" - Marjorie Tixier
Un jet d'encre inimitable

Admirative du style littéraire inimitable de Marjorie Tixier, j'attendais avec une impatience débordante ce nouveau roman qui nous plonge dans une histoire de famille complexe où les sentiments et les rapports humains voient rouge...
Une nouvelle fois et pour le plus grand bonheur du lecteur, l'autrice nous invite à faire la connaissance de personnalités aussi attachantes que déroutantes : 
- Lysiane, une femme devenue mère contre son gré, dont l'immaturité, la rancoeur et la jalousie sont les socles de sa personnalité. Au fil des pages, on lui en veut autant qu'on souhaiterait l'aider à se défaire de ses fausses croyances et à extraire toute la violence qu'elle inflige à son entourage, à commencer par sa fille. Cette femme qui souhaitait au départ avorter "pour qu'un médecin vide son ventre et la libère"...
- Les parents de Lysiane, un couple simple, discret, dépassés par l'attitude de leur fille, qui lui proposent leur aide pour éviter l'avortement et se retrouvent au coeur et dans un choeur de haine et d'amour confondus.
- Jolene, la fille de Lysiane d'une maturité exceptionnelle pour préserver les siens "dans le mépris de ses propres émotions" ... "Les larmes, c'était la perle qu'elle n'offrait qu'aux êtres chers, à ceux qui savaient l'écouter et l'accompagner sans lui reprocher d'exister."

La musique a dans cette histoire un des rôles principaux : rien d'étonnant puisque Marjorie Tixier compose avec les mots comme le musicien dépose sur les lignes de portée de sa partition, ses notes successives, pour obtenir la mélodie parfaite alliant délicatesse, justesse, équilibre et puis parfois rupture...
L'autrice sait trouver les mots pour décrire les maux et rendre le lecteur envoûté par cette symphonie de failles psychologiques.  
Pour notre plus grand plaisir, elle manie les mots et les champs lexicaux "avec la régularité d'un métronome" : "le silence se mela aux copeaux de bois et Pierre prit la parole d'une voix posée, rabotée de toute rancune".

On dit parfois d'un musicien qu'il est doté de "l'oreille absolue". En ce qui concerne Marjorie Tixier, c'est selon moi "l'écriture absolue".


dimanche 20 novembre 2022

Speed reading ou jamais sans mon livre #6

 


En ce dimanche typique de novembre où le plaid, les bougies et le thé sont de sortie pour créer une atmosphère salon-cocon, j’ai envie de vous partager mon ressenti sur un livre que j’ai littéralement dévoré cette semaine tellement il regorge de « good vibes ». Choisi au hasard après avoir pas mal  discuté avec des proches en pleine démarche de développement personnel, j’ai eu envie de tester cette approche. 

Alors oui, je sais ce que certains d’entre vous pensent : le développement personnel, c’est la tendance littéraire marketing du moment, c’est bourré de conseils à la c.. , tellement facile d’écrire ce genre de bouquin blindé de banalités etc… Et en toute honnêteté, c’est un peu ce que je pensais également. Et puis, face au rayon blindé de couvertures aux couleurs arc en ciel, le titre de ce livre  m’a fait de l’oeil  : « Cultivez l’énergie positive ». Payer moins de 8 euros pour entretenir mes  champs de cultures d’optimisme et faire en sorte que la récolte soit bonne, je me suis dit que c’était un investissement rentable. Je ne sais pas encore si cette moisson sera fructueuse mais ne serait-ce qu'avoir pris le temps de me poser pour lire autre chose que mon téléphone et ainsi réfléchir sur MOI,  c’est déjà une petite victoire dans nos vies dirigées par nos routines, contrariétés et perceptions inexactes.

Loi de l’attraction, croyances aidantes et limitantes, vibrations hautes et basses, importance de s’aimer soi-même, de ne pas se comparer en permanence, parler d’apprentissage plutôt que d’échec, gratitude, méditation, pensées positives, savoir s’entourer, déconnecter, sont les thèmes de ce livre. Ecrit simplement avec des exemples concrets, j’ai terminé ce livre sereine et persuadée que oui, j’ai toutes les cartes en moi pour que ma vie soit encore plus heureuse. 
« Je vous souhaite à votre tour de vous laisser gagner par les bonnes ondes de cet ouvrage. » Raphaëlle Giordano

samedi 14 août 2021

Speed reading ou jamais sans mon livre #5



Un autre bleu que le tien - Marjorie Tixier
un tsunami d’émotions

A vous qui êtes sensibles aux mots, aux relations humaines, à la Nature (que vous soyez Mer ou Montagne), aux rencontres qui changent le cours d’une vie, aux émotions contenues ou déversées, ce livre est incontestablement fait pour vous.

On retrouve le style inimitable de son auteure qui m’avait déjà tant marquée dans son premier roman "Un matin ordinaire" (chronique également disponible sur mon blog). Avec un style vif, percutant, cette capacité de l’auteure à décortiquer les ressentis des personnages, est d’une précision abyssale.
Son sens de l’observation dans les descriptions de l’atmosphère d’une pièce, d’une émotion d’un personnage ou même d’un simple geste comme celui d’ouvrir les huîtres, est tout simplement bluffant. 
C’est un livre qui "parle" de silences assourdissants, tellement ils en disent long, d’amitié, de respect, de failles, d’amour, de traumatismes surmontés grâce à l’Autre.
Avec Marjorie Tixier, les mots ne sont jamais choisis au hasard et l’auteure s’amuse avec eux pour notre plus grand bonheur ; l’eau, l’un des "personnages" principaux du livre, s’infiltre au sein des pages,  au détour de nombreuse phrases : 
- "Les curistes (…) sont arrivés au compte-goutte", 
- "Rien ne peut contenir le raz de marée des réminiscences", 
- "Les souvenirs avaient commencé à remonter à la surface"...
Pour parfaire la lecture, la poésie déferle avec douceur et subtilité. Jugez plutôt sur cet échantillon : 
- "Le givre a passé la nuit à faire de la dentelle", 
- "L’eau est si calme que l’écume se réduit à un délicat ourlet d’une blancheur immaculée", 
- "Il est de ces étreintes absolues qui rattrapent le temps perdu"…

On termine cette lecture avec regret, bercé et emporté par un style limpide, fluide, qui coule de source mais une source inimitable. A lire absolument pour voir la vie en bleu. 
Disponible à partir du 19 août.

dimanche 19 janvier 2020

Speed reading ou jamais sans mon livre #4






Un matin ordinaire - Marjorie Tixier
Un marathon  vers la vie

En septembre 2018, je vous avais déjà parlé de ce livre acheté pour ma liseuse à seulement 0,99 € dans le cadre d'une opération promo de la plateforme Editeurs @Librinova. A l'époque, l'auteure Marjorie Tixier avait été la grande gagnante du concours d'écriture lancé par Librinova sur le thème "Un merveilleux malheur" ou comment rebondir après un événement catégorie insurmontable.
Je profite donc de la sortie papier le 9 janvier de ce roman publié par Fleuve Editions prestigieuse maison d'édition traditionnelle, pour re déposer quelques mots à son sujet. Pour ce faire, j'ai relu cette nouvelle version  avec énormément de plaisir.

Quelle claque ! Quel talent ! L’histoire d’une femme qui au cours d'un running en forêt, fait une mauvaise rencontre… 
Le lecteur progresse dans l’histoire, grâce aux narrateurs qui diffèrent à chaque chapitre,  tantôt  la victime, son père, son mari, ses deux filles, la  voisine, le policier et sa conjointe, l’agresseur lui-même ainsi que sa femme. C'est ce qu'on appelle "un roman choral" et l'on "écoute" cette histoire avec beaucoup d'attention ainsi qu'une large palette d'émotions.

Chaque personnage y va de sa version, de sa perception, son interprétation. Le procédé est génialement utilisé : comme dans une pièce de théâtre, on découvre progressivement le déroulé exact des évènements, le rôle et le ressenti de chacun et surtout ce que l’accident de parcours aussi sordide soit-il, développe de positif  et de bénéfique pour l’ensemble des protagonistes. Et ce qu’il y a de plus fort, c’est la capacité de l’auteure à nous mettre successivement dans la peau d’une femme violée et d’une mère vidée qui malgré tout essaie de faire bonne figure, d’une voisine aigrie par la solitude, un peu vulgaire, hyper commère, d’un mari introverti timide et manquant d’initiatives, de deux filles aux caractères si opposés, d’un père et grand-père fragile mais qui recolle les morceaux… Le style est vif, percutant, le vocabulaire choisi en fonction de la personnalité de chaque narrateur.
Au delà d'un fait divers malheureusement trop souvent d'actualité, ce roman traite des relations humaines et de leur complexité mais également du regard de l'autre qu'il soit adulte ou enfant. Marjorie Tixier décortique de façon chirurgicale les "états d'âme" de chacun.
Ce livre, vous l'aurez compris, est réellement bluffant par son intensité, son style, son rythme et les ondes positives déposées délicatement au fil des pages. 

Alors en ce début d'année, si vous n'avez pas encore de résolutions, prenez au moins celle de vous faire plaisir et laissez-moi vous présenter par l'intermédiaire de ce premier post 2020, tous mes voeux de belles lectures pour cette nouvelle année.

dimanche 2 septembre 2018

Speed Reading ou jamais sans mon livre #4




Histoire de bien attaquer cette rentrée qui malheureusement n’est pas que littéraire, je vous propose mes trois meilleures lectures parmi plusieurs ouvrages que j’ai pour la plupart appréciés mais qui ne rentrent pas forcément dans mon palmarès de bien être absolu, avant l’arrivée des feuilles mortes. Dans le désordre : "Fief", David Lopez (bien, ambiance jeunes de banlieue, écriture étonnante), "Le jardin secret" de Kate Morton (bien, atmosphère à la Daphné Du Maurier), "L’arménien" de Carl Pineau (sur Kindle, bon policier dans le Nantes des années 80), "Changer l’eau des fleurs" de Valérie Perrin  (sympa malgré un sujet qui à tort peut repousser), "Le premier jour du reste de ma vie" de Virginie Grimaldi (bien mais pas le meilleur à mon avis), "Il est grand temps de rallumer les étoiles" de Virginie Grimaldi (alors là d’accord).
Avant de vous parler de mes trois Best Of XXL, laissez-moi vous annoncer que j’ai enfin fait l’acquisition d’une liseuse Kindle début juillet et que je surkiffe l’objet. Alors oui, j’avoue que le contact est différent et je me vois mal sentir ma liseuse comme je le fais quasi systématiquement quand je suis en possession d’un ouvrage papier.
Les trois livres n’ont a priori rien à voir et pourtant, un sujet commun pourrait être celui des occasions que la vie nous procure ou l’importance des relations humaines.

UN MATIN ORDINAIRE - MARJORIE TIXIER
Un marathon  vers la vie
Ce livre, je ne l’aurais jamais acheté si petit 1, je n’avais pas eu ma liseuse, petit 2, je ne m’intéressais pas à l’auto-édition et les concours réguliers proposés par @LIBRINOVA.
Marjorie est la grande gagnante du concours lancé par LIBRINOVA sur le thème "Un merveilleux malheur" ou comment rebondir après un événement catégorie insurmontable. Quand je pense que je ne l’ai acheté que 0,99€ dans le cadre d’une opération promo, à peine le prix d’une baguette festival, alors qu’il pourrait nourrir une armée de lecteurs affamés qui dévorent sans complexe. Que les liseurs papier se rassurent, le livre est également disponible dans son costume imprimé.
Quelle claque ! Quel talent ! L’histoire d’une femme qui au cours d’un jogging fait une mauvaise rencontre…
Le lecteur progresse dans l’histoire, grâce aux narrateurs qui diffèrent à chaque chapitre,  tantôt  la victime, son père, son mari, ses deux filles, la  voisine, le policier et sa conjointe, l’agresseur lui-même, sa femme. Chacun y va de sa version, de sa perception, son interprétation. Le procédé est génial : comme dans une pièce de théâtre, on découvre progressivement le déroulé exact des évènements, le rôle de chacun et surtout ce que l’accident de parcours aussi sordide soit-il, développe de positif  et de bénéfique pour l’ensemble des protagonistes. Et ce qu’il y a de plus fort, c’est la capacité de l’auteure à nous mettre successivement dans la peau d’une femme violée et d’une mère vidée, d’une voisine aigrie, un peu vulgaire, hyper commère, d’un mari introverti timide et manquant d’initiatives, de deux filles aux caractères si opposés, d’un père et grand-père fragile mais qui recolle les morceaux…
Ce livre est réellement bluffant par son intensité, son style, son rythme et les ondes positives déposées délicatement au fil des pages. Je ne serais pas étonnée que Marjorie Tixier revienne rapidement nous conter en tout cas, c’est ce que je lui et nous souhaite.

MISSION HYGGE - CAROLINE FRANC
Roulés à la cannelle, bienveillance et plaids moelleux
J’ai acheté ce livre parce que je suis avant tout fan de Caroline Franc. C’est elle qui, il y a trois ans maintenant, m’a donné cette envie d’écrire et de créer ce blog. Merci Céline B de m’avoir parlé de son blog parce qu’il a été pour moi une véritable révélation (www.penseesbycaro.fr). C’est une personne attachante, drôle, pétillante dans sa vie de tous les jours auprès de son mari, de ses enfants et amis. Sa pratique de l’autodérision est exemplaire et ses conseils de vie, à conserver dans un dico.
Alors quand ce nouveau livre est sorti, je n’avais pas d’autres choix que de l’acheter, entièrement consciente de ce qu’il pouvait représenter pour elle, une sorte d’aboutissement d’un rêve qui ne date sans doute pas d’hier.
C’est l’histoire d’une reporter de guerre, une baroudeuse qui ne vit que pour son travail et qui en matière de relations humaines a beaucoup à apprendre tout simplement parce qu’elle refuse d’apprendre. Excédé par son attitude agressive et condescendante vis-à-vis de ses collègues mais également inquiet de la voir s’ignorer et passer à côté de sa vie, son patron décide de la missionner sur un reportage un peu particulier : se rendre au Danemark pour enquêter sur le village Gilleleje devenu depuis peu, le village où les gens sont les plus heureux de monde. Nous partons donc avec Chloé au pays de la bougie et assistons à la libération progressive de ses émotions depuis trop longtemps prisonnières. A l’image des vélos sans cadenas dans les rues, Chloé prend conscience des bénéfices de l’ouverture aux autres dans un climat local de confiance absolue.
"Ca n’est pas parce qu’on est triste qu’on est obligé d’être malheureux."
C’est drôle, touchant à l’image du Blog penséebyCaro. Caroline François a ce don bien à elle de diffuser des ondes positives dans tout ce qu’elle écrit, la reine du Carpe Diem.
C’est en refermant ce livre que j’ai enfin compris ce que signifiait le terme "feel-good book. Oui ce livre fait du bien, énormément de bien. Je m’imagine déjà le reprendre cet hiver en cas de crise de grisaille ou d’averses excessives.
Hygge, Hygge, Hygge hourra !

LES VESTIGES DU JOUR - KASUO ISHIGURO
Raffiné comme une tasse de thé
Quel plaisir de relire ce livre 20 ans après ma première lecture. Cet ouvrage me fait l’effet d’une gourmandise de style. Le narrateur est un majordome anglais en fin de carrière, qui profite d’un  voyage au fin fond  de la campagne anglaise pour se remémorer les évènements marquant de sa vie au service de "sa Seigneurerie", dans la maison de Dalingthon Hall durant l’entre-deux guerres. Dit comme cela, ça n’envoie pas du rêve mais je puis vous assurer quil s’agit d’une plus que pépite. A commencer par le style : le narrateur n’est autre que le majordome qui s’adresse au lecteur dans un style précieux, guindé comme le sous-entend la profession. Pour vous donner une idée, je me suis surprise à associer inconsciemment la voix de Jean Rochefort à la lecture du récit. Ce livre est surprenant pour sa capacité à passer du rire, à la mélancolie, et parfois même aux larmes. Stevens le majordome n’a qu’un objectif en tête, exercer son métier selon deux principes fondamentaux : loyauté envers son maitre et dignité absolue quels que soient les évènements. On y découvre le rôle d’un majordome dans ces grandes demeures britanniques aux effluves de cigares et de Porto vieilli. Stevens explique qu’il est parfois plus simple d’avoir à s’occuper d’une vingtaine de convives que de seulement deux personnes : "C’est lorsque deux personnes sont à table, que l’on a le plus de mal à réaliser cet équilibre entre la prévenance et une illusion d’absence qui caractérise un service de qualité."
Les échanges entre le majordome Mr Stevens et l’intendante Miss Kenton sont savoureux. C’est une véritable compétition dans l’art de la joute verbale en porcelaine.  Les deux se tirent la bourre pour être le plus efficace et n’hésitent à dénoncer les erreurs observées telles que la présence d’une goutte au nez d’un domestique apportant une collation :"il me semble que ce style de service n’est peut-être pas de nature à stimuler l’appétit.", autrement dit, comment peut-on servir avec la goute au nez ?
Au fil des pages on découvre un majordome esclave de sa mission, incapable d’une quelconque démonstration d’affection, de lâcher prise, passant à côté de la mort de son père et des appels du pied de Miss Kenton, amoureuse incomprise. Dévoué corps et âme à son maître, il en occulte inconsciemment les tendances antisémites et pro hitleriennes.
La destination de son voyage n’est autre que de rendre visite à Miss Kenton pour des retrouvailles incertaines, dignes d’une assiette anglaise.

samedi 10 mars 2018

Speed reading ou jamais sans mon livre #3




Force est de constater que mes articles concernant mes goûts et commentaires littéraires, sont loin de susciter autant d’intérêt qu’un post qui parle de mes états d’âmes ou de mes coups de gueules journaliers. J’ai malgré tout décidé de continuer cette rubrique, ne serait-ce que pour ma propre personne, pour tout simplement ne pas oublier ce que je lis et ressens en parcourant ces lignes d’écritures multiples et variées.
J’ai décidé de vous épargner mon "regard" sur les livres que je n’ai pas aimés, non seulement par respect envers les écrivains dont j’admire la profession mais surtout parce que mon désintérêt ou mon jugement littéraire négatif, est loin de constituer une référence universelle.
 

La PROMESSE DE L’aube - ROMAIN GARY

Merci au 7ème art d’avoir porté cette œuvre sur les écrans. Pour ma part, écouter l’acteur Pierre Niney parler de son personnage Romain Gary, m’a donné une envie folle de lire ce livre. De cet auteur je ne connaissais rien si ce n’est le livre lu dans ma jeunesse, "La vie devant soi" d’Emile Ajar. A l’époque je me souviens, je ne comprenais pas l’intérêt des pseudos. Maintenant moi-même à l’aube d’une reconnaissance universelle voire interplanétaire, je mesure l’importance de conserver mon anonymat.
Je n’imaginais pas Romain Gary si drôle, maniant l’autodérision avec une puissante dextérité. Certaines scènes sont délicieusement comiques : sa démonstration de tennis devant le roi de Suède, sa passion gustative des cornichons à la russe, sa consommation démesurée de croissants et la description qu’il en fait, est à l’image du ton de ce livre, un mélange d’extravagance, d’excès de tout et d’une tendre naïveté : "j’ai conservé une très grande tendresse pour les croissants. Je trouve que leur forme, leur croustillance, leur bonne chaleur, ont quelque chose de sympathique et d’amical."
Mais ce livre est avant tout un hommage à sa maman : cette femme prête à tout pour subvenir aux besoins de leur vie courante, devrais-je dire, de la vie de son fils, son unique raison d’exister, de se battre au quotidien seule et de porter son enfant dans la lumière d’une reconnaissance. Grande gueule et fumeuse de gitanes,  ayant le sens des affaires plus ou moins honnêtes, elle possède des idées de carrières pour son fils plus prestigieuses les unes que les autres. Elle est attendrissante sans doute étouffante et l’on mesure distinctement que son côté autoritaire et sans concession a pesé lourd sur l’éducation de son enfant. C’était une femme au caractère volontaire, porté par une vitalité, un courage admirable et source d’une inspiration pour son fils, qu’elle n’aurait pas imaginé.
 

LA PORTE – MAGDA SZABO

C’est avant tout la couverture du livre qui a attiré mon regard. Tout simplement parce que je trouve les portes photogéniques et tellement symboliques : un mélange entre le mystère de ce que l’on est susceptible de trouver derrière et le témoignage de l’Histoire, du temps qui passe, avec ses boiseries d’une époque et ses poignées à loquet.
La narratrice raconte ses relations avec sa domestique qui resta chez eux pendant vingt ans. Tout l’intérêt du livre repose sur cette femme qui malgré sa fonction, revendique sa liberté de faire son travail comme elle l’entend, sans hésiter à montrer de manière parfois violente et étonnante son mécontentement envers ses patrons. Plus le lecteur avance dans l’histoire, plus il sent l’emprise de la domestique sur le couple qui l’emploie. C’est psychologiquement déroutant. Tout pourrait se résumer dans cette phrase : "c’est elle qui réglementait notre relation et elle en réglait le thermostat avec économie et rationalité".
Ah j’allais oublier, habitant dans le même immeuble que ses patrons, elle refuse à quiconque, l’accès à son domicile…

LE SEL DE LA VIE – FRANCOISE heritier

J’ai découvert cet auteur dans l’émission "La grande Librairie", une anthropologue renommée avant tout et amoureuse des mots. Cette femme en fauteuil roulant sur le plateau semblait malgré tout, extraordinairement pleine de vie, rayonnante lorsqu’elle nous parlait de son amour pour l’existence. Quelques jours après l’enregistrement de l’émission, elle quittait ce monde en toute discrétion mais avec un formidable cadeau "Le sel de la vie" et certainement d’autres œuvres qui font partie de "la liste de mes envies"...
Ce livre est étonnant car comme elle l’explique dans les premières pages, "c’est une énumération qui suit, une simple liste, en une seule grande phrase […]. Il s’agit de sensations, de perceptions d’émotions, de petits plaisirs, de grandes joies, de profondes désillusions parfois et même de peine, bien que mon esprit se soit tourné vers les moments lumineux de l’existence."
Vous l’aurez compris enfin je l’espère, ce livre fait du Bien, c’est une bouffée d’oxygène ; il donne envie au lecteur de lister SON sel de SA vie. En tout cas pour ma part, je compte bien tenter l’exercice pour  ce qu’il procure en souvenirs et pour encore mieux prendre conscience, de tous ces moments de l’existence qui rendent unique notre passage sur cette planète.
 

L’AUTRE QU’on adorait – catherine CUSSET

J’ai presqu’envie d’en écrire le moins possible pour vous laisser découvrir ce livre d’une intensité particulière. Si vous lisez la quatrième de couverture, vous aurez sans doute tendance à vous dire :"oh bein ça n’a pas l’air très drôle cette histoire". C’est vrai puisque dès les premières pages, on comprend que le personnage principal connait une fin tragique. Mais ce n’est pas l’intérêt du livre. C’est la manière dont la narratrice qui a connu cet homme, fait un flash-back sur sa vie en s’adressant à lui directement et toujours au présent : "je ne peux pas dire autre chose que "tu". "il" est trop distant, comme si je parlais de toi à un autre. "il" te tue encore un peu plus".
On découvre au fil des pages, un jeune homme plein de vie, de rêves, d’illusions, "un jouisseurs qui aime le vin et la littérature, la chair, la bonne chère et les concepts". On avance au Présent, dans sa découverte de New-York, son intégration, ses conquêtes amoureuses, ses copains, son rapport avec l’autorité, ses ambitions professionnelles mais aussi ses erreurs et parfois sa paresse.  Au-delà de l’intérêt que suscite cette forte personnalité, les descriptions faites de New-York et de ses environs, donnent envie de découvrir cette ville aux multiples facettes ou bien d’y retourner.
Ce livre est fort, puissant, à la hauteur sans doute de ce personnage que l’on aurait aimé rencontrer.

dimanche 14 janvier 2018

Speed reading ou jamais sans mon livre #2







Mais dis-donc Charlie, tu n’as pas fait de post de bonne année ?! Non et c’est volontaire car j’aurais été tentée de reprendre intégralement mon texte de 2017 (que je vous invite d’ailleurs à relire et partager si vous êtes en mal de voeux "On vous souhaite toute le bonheur du monde même si...").
Je préfère démarrer cette année par une présentation de mes meilleures dernières lectures qui je l’espère, vous procureront autant de bonheur et d’émotion qu’il en a été question pour moi.

La Pitié dangereuse - Stefan Sweig

Cet écrivain est jusqu’à présent mon favori et c’est avec une délectation absolue que j’ai relu le livre qui m’a permis de le découvrir.
Je suis fan number one de sa prose : des phrases rythmées, percutantes, des métaphores incroyables, des descriptions éblouissantes. Et ce qu’il y a de plus fort et de plus fou, c’est que toutes ses œuvres écrites il y a presque cent ans, restent d’actualité grâce à un style qui défie l’espace temps et à son talent « d’analyse subtil des consciences ». Si notre monde évolue, les relations humaines et les comportements associés restent les mêmes.
Il est donc ici question de pitié, ce sentiment ô combien dérangeant mais sans doute inévitable au sein de la palette de ressentis de l’être humain.
Le livre n’est pas drôle mais la spirale infernale dans laquelle sont plongés le narrateur et sa pitié, fait de l’histoire une authentique œuvre à suspense. Et comble du comble, le lecteur finit lui-même par avoir pitié du comportement du narrateur.
A consommer et re consommer sans modération.

Je vais m’y mettre - Florent Oiseau

Alors on change littéralement de registre.  Au cours d’une de mes déambulations dans une librairie, je suis tombée sur ce livre dont le titre m’a fait sourire, allez savoir pourquoi. Format parfait pour mon sac à main, un petit 200 pages, je l’ai avalé en deux trajets boulot/dodo.
Le sujet n’est pas des plus gais puisqu’il s’agit d’un homme d’une quarantaine d’années au chômage, qui ne fait strictement rien de ses journées par paresse, vit seul, adore le côte du Rhône, les knakis et les poissons panés. "Le sujet est noir et son traitement est hilarant."(Sophie Delassein de l’Obs).
J’ai tellement ri dans les transports que mes voisins me regardaient avec un air mi étonné, mi affligé. Oui parce que dans les transports en commun, l’attitude collective jugée normale, est celle de faire la tronche.
Côté style littéraire, il est  direct, incisif en mode langage parlé. C’est parfois trash, cru mais ça fonctionne. J’ai en fait eu l’impression de lire un sketch d'un one man show.
Et puis il y a parfois des trouvailles, ce genre de phrases qui raisonnent et qui typiquement comblent ma soif de lire : "Les soucis de dernière minute ne se pointent jamais en avance."
Voilà, je ne suis pas certaine que ça plaise à tout le monde, si certains considèrent que l’on ne peut pas rire de tout mais moi j’ai adoré.
"Derrière la loufoquerie, un premier roman gouailleur et incroyablement maîtrisé". Néon

La perle et la coquille - Nadia Hashimi

"Une épopée passionnante sur la condition féminine, merveilleusement bien écrite, et inoubliable. Un véritable coup de cœur." Vie pratique Féminin
Si vous avez envie d’en savoir plus sur la place de la femme en Afghanistan dans les années 2000 mais également en 1900, ce livre est pour vous. On y découvre que malheureusement en l’espace de cent ans les choses n’ont pas évolué. Certaines coutumes comme la "bacha posh" sont à peine croyables et tellement hypocrites : travestir les filles en garçons jusqu’à l’âge de leurs mariages, pour leur donner la possibilité de goûter aux joies de la liberté, de vivre, jouer, se déplacer dans les rues en toute insouciance. Parées d’un prénom masculin temporaire, les filles transformées disposent de la considération et de l’amour éphémère de leurs pères respectifs et des hommes qui les entourent.
La femme est un objet, vit parfois comme un animal que l’on frappe sans retenue. C’est effrayant mais la violence est une pratique courante. Et puis, il y a cette volonté masculine de maintenir les femmes dans l’ignorance, en leur interdisant la télévision par exemple, comme si l’accès au savoir constituait un risque pour la prédominance masculine.
Je ne serais pas étonnée que ce livre soit décliné en film ; en tout cas, ce serait un merveilleux moyen de prise de conscience universelle, qu'il existe encore de nos jours, d'inacceptables invraissemblances.

Les délices de Tokyo - Durian Sukegawa

Encore un livre acheté par impulsion grâce à son titre qui m’a attirée pour je ne sais quelle raison. Le pitch en 4ème de couverture a fini le travail de persuasion.
Il est question de recette de cuisine sucrée qui fait saliver et d’une femme mystérieuse. Je vous en livre la première phrase : « écouter la voix des haricots » : tel est le secret de Tokue, une vieille dame aux doigts mystérieusement déformés, pour réussir le « an » la pâte de haricots rouges qui accompagne les dorayaki, des pâtisseries japonaises.
Difficile de le raconter mais le premier mot qui m’est venu au terme de ma lecture c’est : "délicat". C’est un livre sur une rencontre entre un jeune homme et une vieille dame qui bouleversera leurs vies.
Chaque page à son lot de poésie, du parfum des pâtisseries japonaises que l’on rêve de pouvoir fabriquer en respectant la tradition, de cerisiers qui composent avec les saisons, de secrets étonnants, de courage et d’amour.
"Une superbe déclaration aux sens." ELLE

Bonnes lectures 2018 !

dimanche 29 octobre 2017

Speed reading ou jamais sans mon livre


Bon et bien c’est parti : sortez de vos placards les plaids, les cocottes en fonte, les appareils à raclettes. Remplacez votre rosé du week-end par un bourgogne qui réchauffe, retardez votre montre d’une heure pour hiberner davantage, à la lueur d’un jour de plus en plus sombre, à la limite de la dépression.
Appréciez ces instants, où confortablement installés dans votre canapé, munis de vos lunettes si la presbytie est votre nouvelle amie, vous vous emparez de votre livre qui vous embarque dans un voyage unique, où l’inconnu côtoie l’inoubliable, au travers d’un océan de mots plus ou moins salés ou bien  de dunes de phrases parfois perchées et sources de mirages. Ceci est le pouvoir du livre.
Plus les années défilent, plus ma consommation de pages augmente. Je suis accroc, à tel point qu’oublier chez moi mon livre qui occupe mon temps de transport quotidien, me pousse à m’en procurer un de dépannage à la presse de la station RER. C’est de cette manière que j’ai acheté le dernier de Gilles Legardinier, auteur que j’avais déjà lu ; il ne m’avait pas laissé un souvenir grandiose mais je savais que je pouvais compter sur lui pour qu’il fasse le job pendant quelques heures de transport.
J’ai décidé de vous faire partager les quatre dernière lectures récentes qui malgré leurs genres parfois opposés, ont toutes été sources de découvertes surprenantes et d’intérêts différents.
 
 LE RESTE DE LEUR VIE - JEAN-PAUL DIDIERLAURENT
 
Il existe des  livres qui, malgré leur anorexie de pages, sont plus que savoureux.
Je fais partie de ces lectrices qui sont attirées par les "pavés", les bons gros livres qui pèsent une tonne dans le sac à main mais qui durent comme une série qui ne s’arrête jamais, à la sauce Santa Barbara. Alors autant vous dire que les livres de moins de 300 pages ne déclenchent pas chez moi, au premier abord, une attraction (fatale) d’achat.
En lisant  le pitch de la 4ème de couverture, je me suis rendue compte que cet auteur ne m’était pas inconnue, puisque j’avais dévoré son premier livre "le liseur de 6h27": "Didierlaurent transforme avec bonheur l’essai : les lecteurs vont retrouver la même sensibilité, la même poésie, le même humour que dans le liseur de 6h27" Bernard Lehur RTL. C‘est à la lecture de cette phrase que je n’ai pas hésité à m’emparer de ce nouveau livre armé de ses 250 pages. J’étais persuadée  par avance qu’il trouverait sa place dans notre courageuse bibliothèque, proche de l’indigestion, tellement gavée de livres. Mais comme le dit l’une des héroïnes de ce livre : "une bibliothèque sans livres, c’est comme une bouche sans dents".
"LE RESTE DE LEUR VIE" est ce genre d'ouvrages que l’on souhaite conserver, avoir chez soi, pour pouvoir en disposer quand le besoin s’en fera sentir.
Je ne vais pas vous raconter l’histoire, vous pourriez prendre peur ; mais juste pour vous dire qu’il s’agit de rencontres entre générations, de professions inconnues et tellement respectables, d’échanges, de partages, avec en toile de fond une infinie tendresse.
Si vous aimez l’auteur Foenkinos, achetez Didierlaurent ; ces deux écrivains ont en commun cette passion des mots justes et des histoires qui font du bien.

UNE FOIS DANS MA VIE- GILLES LEGARDINIER

J’ai donc acheté ce livre en désespoir de cause à la librairie presse de ma station RER de départ. J’avais déjà lu "DEMAIN J’ARRETE", livre qui m’avait été conseillé mais qui fait partie de ces ouvrages qui n’ont pas gagné leur place dans la sacro-sainte bibliothèque. Hé oui, il faut avoir de sérieuses références pour pouvoir y séjourner et même si je conserve le souvenir d’une lecture distrayante, je suis à présent incapable de vous en faire le résumé, signe qu’il ne m’a pas marqué.
J’ai tout de même acheté son nouveau roman pour lequel j’avais lu quelques articles sur les réseaux sociaux. Comme le premier, j’ai passé un bon moment. Legardinier a de l’humour, et écrit pour faire avancer ses lecteurs, pour les aider à oser, à croire en leurs capacités. Legardiner est un jardinier du positif et des cultures simples mais dont les récoltes sont rentables. Sous couvert d’une histoire qui peut paraitre banale, il veut délivrer à son lecteur des clefs pour avancer de manière constructive malgré les obstacles de la vie, croire en soit, en ses capacités, oser pour ne pas regretter.
J’ai apprécié son livre même si parfois le style me parait presque trop simple ; un choix sans doute de l’auteur pour pouvoir être accessible à tous.
Et puis son dernier chapitre est surprenant puisque l’auteur prend le temps de remercier ses lecteurs et se livrer (si je puis dire) sans filtre.

EN ATTENDANT BOJANGLES  - OLIVIER BOURDEAUT

C’est ce qui s’appelle se prendre une claque.
Je n’aurais jamais lu ce livre si une de mes amies ne me l’avait pas conseillé (Merci Darling). Le résumé au dos n’est pas des plus vendeurs. En revanche les 4 avis mentionnés, ajoutés aux prix décernés, laissent à penser que l’ouvrage (de 170 pages) est une sorte d’ovni littéraire qu’il ne faut pas négliger. A la lecture des premières pages, le lecteur sait par avance que le récit n’aura pas forcément une fin très réjouissante.
C’est l’histoire d’une famille composée d’un papa, d’une maman, d’un garçon. Jusque là, rien de très original me direz-vous. Mais les parents sont "un peu" fous, fous de tout : fous d’amour, fous d’ivresses, fous de leur enfant. Le narrateur est principalment l’enfant avec sa vision naïve, troublante dérangeante, face à l’irresponsabilité de ses parents. Et puis parfois c’est le père qui parle, qui décrit son amour pour cette femme hors du commun, qui  le pousse à franchir les limites du raisonnable et de l’acceptable. Il est lui-même entrainé dans un tourbillon de folie où la lucidité n’existe plus.
C’est extrêmement troublant et Jerôme Garcin de l’Obs le résume très bien : "Olivier Bourdeaut fait sourire les larmes et pleurer l’allégresse. Il mérite le succès qui va fondre sur cette fable extravagante et bouversante."

LE CLUB DES 5 EN VACANCES- ENID BLYTON

Non ce n’est pas une blague ; j’ai rapporté ce livre de chez mes parents car j’en conservais un souvenir de dingue. Paradoxalement, sans me rappeler du moindre détail de l’histoire, ma mémoire conservait la trace d’un ouvrage que j’avais particulièrement apprécié à l’époque. J’étais fan du "club des 5" qui selon moi surpassait les aventures du "clan des 7" ou autres "6 compagnons".
Le livre est en parfait état même si le rose de la bibliothèque est légèrement passé. Les feuilles jaunies sentent ce parfum inimitable des ouvrages trop longtemps enfermés dans des armoires de sous-sols de maisons, qui regorgent de multiples trésors d’enfance et de la vie qui passe.
J’ai profité de ces vacances pour me replonger une quarantaine d’années en arrière. Je ne me voyais pas ouvrir le livre au milieu de mes voisins de RER quoi que, à bien y réfléchir l’expérience aurait pu être intéressante.
Je ne peux que vous recommander de vous plonger dans un livre de votre enfance : quelle expérience et comme j’ai ri dès les premières pages. Tenez, prenez le nom du père de Claude (le garçon manqué de la bande) : "Monsieur Dorsel"; remplacez le "s" par le "c" et faites une recherche internet… la narratrice (décédée en 1968) doit faire des bonds dans sa tombe elle qui se sentait investie de la mission d’inculquer à ses lecteurs, des valeurs morales solides… Et cette façon qu’elle a de décrire les femmes : hormis Claude qui détient l’un des rôles principaux parce que c’est un garçon manqué comme le répète une bonne douzaine de fois l’auteur, Annie ne parle que très peu et ne fait que pleurer. Quant à la mère de Claude, elle est dans l’incapacité de prendre la moindre décision suite à des dégâts matériels causés par une tempête. Lisez plutôt la réflexion du père : "ma femme a été tellement secouée par cet accident qu’elle n’est pas en état de s’occuper elle-même des questions matérielles ; c’est moi qui vais me charger de cela".  Mme Dorsel ne le contredira pas, elle qui n’est manifestement bonne qu’à préparer des repas et des tartelettes pour ses enfants. On ne l’entendra d’ailleurs jamais s’exprimer. Si Claude et son chien Dagobert sont au cœur des intrigues, son ami Mick saura lui rappeler : "Il serait vraiment temps que tu cesses de croire que tu as autant de valeur qu’un garçon". On croit rêver.
Et puis il y a les références à des réflexes d’éducation qui font froid dans le dos : on parle de "martinet", de "recevoir une solide correction", de punitions "à l’eau et au pain sec" Le vocabulaire employé est totalement dépassé : "chenapan", "garnement", "flute" (le gros mot par excellence), "grabuge", "prendre la poudre d’escampette", "vestibule", "on n’y voit goutte" etc…
Quant au style, il est parfois très lourd mais je me suis imaginée Jean Rochefort en train de lire, ce qui m’a permis d’avoir le courage d’aller jusqu’au bout d’une intrigue limitée. Ecoutez-le lire cette phrase : « Une pénombre grise et bleue descendit sur le rocher maudit estompant l’altière silhouette du Pic du Corsaire ». Ca va tout de suite mieux non ?
Vous l’aurez compris "Le club des 5" a mal vieilli  mais c’est un trésor de références d’une époque révolue. Avant de le relire, Je pensais que Watson apprécierait ces aventures mais finalement je ne vais pas lui infliger cette correction ; il n’y comprendrait goutte.

Bonnes lectures à tous et bonnes vacances pour les chanceux.