dimanche 27 août 2017

La saga de l'été de Charlie, épisode 3 : Vendays-Montalivet, la digue la digue


Autant vous prévenir tout de suite, cette épisode risque d’être un peu moins poétique voire fleur de lavande que le précédent (cf La saga de l’été de Charlie épisode 2). Et puis j’en entends déjà qui se disent : "Pour une saga c’est plutôt pauvre en histoire de c…" Ah vous voulez de la fesse ? Bein vous allez en avoir et puis d’la bien dorée je vous le garantis !

Contrairement aux années précédentes où nous faisions 3 semaines, 3 destinations, 3 ambiances, nous avions décidé pour cet été de trouver après l’incontournable semaine en Auvergne, un endroit proche de la mer où nous pourrions poser nos valises et nos tongs durant 15 jours d’affilé. C’est en lisant fin décembre 2016 un post du blog "Pensées by Caro" dans lequel la blogueuse décrivait les longues plages de sables fin de Montalivet que je démarrais mes premières recherches, le prérequis étant une grande maison pouvant accueillir 8 personnes. Depuis plusieurs années, nous réservons deux semaines de nos vacances estivales avec les rares amis qui sont en capacité de nous supporter….
J’ai donc tapé sur Internet "Montalivet" et quelle ne fut pas ma surprise de tomber directement sur la page d’un des plus grands sites de naturisme… En investiguant davantage, je constatai avec un mélange de stupeur et de curiosité, que la région était effectivement réputée pour ses plages nudistes. Je décidais néanmoins de poursuivre ma prospection et tombais sur une  superbe propriété située à Vendays-Montalivet (prononcé Vend ice ce qui rajoute au côté exotique de la chose). Je décidai d’appeler le propriétaire pour en savoir un peu plus sur la présence de plages "normales": ce dernier manifestement adepte du naturisme ne me rassura qu’à moitié en me confirmant que oui, il devait y avoir des plages "textiles" et mixtes. Après de nombreux échanges avec nos amis sur un groupe Messenger baptisé pour l’occasion "Tous à poils 2017",  nous décidâmes collégialement de confirmer la location, étant bien entendu clair pour chacun d’entre nous (ou presque) que maillots de bains nous conserverons.
Dans nos critères de recherches pour ces deux semaines consécutives, il s’agissait de trouver un bel endroit au calme et pas trop loin de la mer. L’arrivée dans la propriété et ses deux hectares de terrain scrupuleusement entretenu, fut un enchantement pour petits et grands : une immense maison couleur ocre aux volets bleus, décorée avec beaucoup de goût : pierres apparentes, tomette, vieux parquet foncé, d’immenses baies vitrées, de superbes charpentes en bois clair et surtout beaucoup d’espace. Comme dit Watson, nous avions trouvé LA villa. Dehors une superbe terrasse couverte, avec sa longue table en bois passé par les étés qui passent. Accrochée à la vigne grimpante, une guirlande genre guinguette. Bref vous l’aurez compris, un endroit idéal pour vacances entre amis.
Bon mais ça a donné quoi ces vacances chez les culs nus ? Voici donc un petit florilège des temps forts de ces 15 jours entre amis.

L’ami Ricoré
Quel bonheur de se retrouver petits et grands autour de la table du petit déjeuner.
Les enfants comme à chaque fois se battent pour des céréales qui ressemblent à des croquettes pour chiens. A peine réveillés, leur débit de parole est haut comme la Freebox que l'on souhaiterait débrancher.
Les adultes arrivent au compte-goutte (de je ne sais quoi) avec des têtes plus ou moins révélatrices de la qualité de la soirée de la veille. Généralement, ils ne parlent pas et sont plongés dans leur "chococafthé" en trempant leurs tartines ; je n’ai jamais compris ce rituel de bouffer du pain mouillé,  ça me donne des hauts-le-cœur rien que d’y penser. Et chaque matin, la table en fin de petit déjeuner prend des allures de champs de bataille au moment du rangement : des flaques de lait de-ci de-là, des restes de tartines mâchonnées, des miettes à tout va qui se glissent bien évidemment dans les interstices de la table, quelques touches de confiture ou de miel et une ou deux abeilles suicidaires pour parfaire le décor.

L’insecte et l’être humain
Justement, parlons-en des abeilles. L’inconvénient de ces grandes propriétés et de la saison estivale au grand désespoir de mon "marai" Sherlock, c’est qu’il y a des bêtes qui agacent : il est toujours assez désopilant d’observer le comportement des adultes face au survol des guêpes au-dessus de nos assiettes : l’être humain est en capacité de perdre totalement le contrôle de ses gestes et de pratiquer d’étonnantes chorégraphies pour échapper à l’assaut.
Les tiques ont également fait carton plein cet été : deux adultes et un enfant. Parmi eux, Sherlock dont la peau semble être une délectation pour tout type d’insectes. Du coup, ses jambes en fin de vacances ressemblent à des cratères lunaires.
Oui, Le parisien n’aime pas les insectes et panique à la vue d’un pauvre grillon égaré sur la terrasse, qu’il flinguera à grand renfort de bombes insecticide, étant persuadé d’avoir affaire à un spécimen rarissime mi écrevisse mi frelon qu’il baptisera pour l’occasion "écrelon".

Les tâches ménagères
Avez-vous remarqué comme en vacances, les tâches ménagères prennent un air de fête alors que transposées dans la vie de tous les jours, c’est plutôt le contraire.
- sortir les poubelles ou les cadavres de bouteilles revêt un caractère poétique permettant d’admirer les étoiles (s’il y en a) ou de chercher les verts luisants.
- faire les courses devient une stratégie pour pouvoir fuir le brouhaha de la maisonnée et échanger entre filles quelques secrets de femmes. Généralement d’ailleurs on n’a pas le temps tellement la liste des courses est chargée.
- Préparer un repas prend des  airs de "compètes" entre mecs, à celui qui fera la meilleure cuisson à la plancha ou au barbecue. Mais quand il s’agit de nettoyer le matériel, force est de constater que ça se bouscule moins au portillon.
- les enfants prennent plaisir à mettre le couvert ; si si je vous assure : c’est à celui qui sera la plus rapide et ce comportement également relève du miracle estival.
En revanche le nettoyage de la maison en fin de semaine n’attire pas forcément les foules. Sherlock est passé maître dans l’art de faire semblant de faire.

Les soirées prolongées
Y’a pas à dire : même si la grisaille fait carton plein la journée, le moment de l’apéritif est une donnée qui met tout le monde d’accord pour retrouver le moral. C’est d’ailleurs pour cette raison que ce moment est souvent plus long que celui du repas en lui-même. La fin de la soirée n’appartient qu’à nous, enfin je veux dire aux adultes et ça vaut mieux pour tout le monde : des discussions de moins en moins intellectuelles voire compréhensibles, des activités dénuées de sens, comme certaines parties de pêche à l’écrevisse en pleine nuit à la lampe frontale, sous l’œil médusé et globuleux de crapauds sortis pour l’occasion.

Les visites de la région
La Gironde est une région au terroir intéressant. Nous avons visité des caves, nous avons gouté, nous nous sommes délectés ou n’avons pas aimé, parce qu’en matière d’arnaque au pinard, y’a de quoi faire dans les domaines…
Quand on est dans ce coin, on ne peut passer à côté du fameux marché de Montalivet. Un immense marché ouvert sept jours sur sept, véritable caverne d’Ali-Baba et paradis de la bouffe pour un groupe comme le nôtre adepte de bonne pitance. Olives, fougasses, cannelés, fromages basques, charcuteries, frites à l’ail, huitres dégustées sur place accompagnées de ballons de vin blanc, ont réduit à néant toute velléité de conserver un semblant de ligne digne.
Et puis bien sûr, il y a ces fameuses plages qui s’étendent à perte de vue, bordées de dunes "enchardonnées" qui risquent de blesser même la fesse la plus ferme. Alors oui, nous en avons vu puisque nous avons élu domicile sur une plage mixte. Etonnamment, l’acclimatation s’est faite assez rapidement à tel point qu’apercevoir un jogger avec juste une ceinture pour sa bouteille, ou une promeneuse en tee-shirt avec  rien en bas, n’avait plus rien d’étonnant à nos yeux (enfin si quand même un peu). Oserais-je avouer que l’un d’entre nous, loin de nos regards affolés, s’est éloigné dans l’immensité de cette étendue sableuse, pour jouer Christian Clavier dans "Les Bronzés" : "Azur, nos bêtes sont bondées d’un cri ; je m’éveille songeant au fruit noir de l’Anibe dans sa cupule verruqueuse et tronquée. St John Perse ".

Les actes manqués
Quand on passe des vacances en groupe, on partage toujours des moments uniques plus ou moins manqués, ça dépend de quel côté on se place.
- Cahier de vacances en vacances
Oui comme chaque année j’avais acheté un cahier de vacances en imaginant que la présence d’enfants autour de Watson créerait une sorte d’émulation. J’imaginais dans mon fort intérieur que l’on prévoirait des temps de révision qui nous permettraient, à nous parents, de nous avachir encore un peu plus dans nos transats de la paresse. Le cahier n’est même pas sorti de la valise pour la plus grande joie de Watson.
- Amnésie d’anniversaire
Mère indigne, je suis et resterais : fêter l’anniversaire de Watson, se tromper en mettant 9 bougies au lieu de 10. #tugrandistropvitemonfils
- Dirty Dancing
Jeune, je me souviens avoir éprouvé une sorte de malaise lorsqu’en boite de nuit, je voyais des adultes approchant l’âge de mes parents, se trémousser sur la piste de danse. Y’avait un côté pas normal. Alors lorsque mon amie Pamela (nom d’emprunt) et moi avons déchainé nos molécules en réalisant des chorégraphies désarticulées sur l’air de "when the rain beguins to fall" en plein milieu du salon, le regard des enfants parlait de lui-même : durant ces instants magiques, même la tablette fut reléguée au second plan, preuve que le spectacle surpassait le meilleur des youtubers.  La bouche béante, les yeux ouverts comme des soucoupes, nos enfants semblaient subir un choc, une sorte de paralysie proche d’un véritable traumatisme. Et ne me remerciez pas de vous avoir mis l’air de Jermaine Jackson dans la tête, c’est pour moi, c’est cadeau.
- Secrets de femmes dans ta face
A plusieurs tentatives, Pamela et moi-même avons tenté de nous isoler dans un coin du jardin, histoire d’avoir a minima une conversation intelligente et sérieuse durant le séjour. Ce n’était pas sans compter le prétendu côté féminin des hommes de la maison qui du coup nous rejoignaient systématiquement en vue de ne manquer aucun scoop, révélation ou confidence qui auraient pu leur échapper.
Et bien voilà, l’été 2017 s’achève ; ce fut un grand cru classé malgré un soleil particulièrement paresseux pour beaucoup d’entre nous. Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter de bons bouchons de retours, des lessives infinies, une agréable reprise avec tous vos collègues préférés et une douce chasse aux fournitures dans les rayons déjà vides. Gardez le moral, il ne reste environ que 400 000 minutes avant l’été prochain.




Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Pour publiez un commentaire, vous n'êtes pas obligés de vous connecter à l'aide d'un des comptes listés dans le menu déroulant ; il vous suffit de sélectionner "Anonyme" à la fin de ce menu.